L’Union européenne renforce son contrôle sur ChatGPT. La plateforme d’OpenAI est désormais soumise aux obligations les plus strictes du Digital Services Act (DSA). Pendant ce temps, en Afrique, la RDC cherche encore I à structurer sa propre approche de l’intelligence artificielle.
L’Europe veut garder la main sur les géants de l’intelligence artificielle. La Commission européenne a décidé de classer ChatGPT comme un « très grand moteur de recherche en ligne » (VLOSE) dans le cadre du Digital Services Act, le règlement européen sur les services numériques entré en vigueur en 2023.
Cette décision place ChatGPT dans la catégorie des services numériques faisant l’objet d’une surveillance renforcée. Elle intervient alors que le nombre d’utilisateurs des outils d’intelligence artificielle générative continue de progresser rapidement.
45 millions d’utilisateurs : le seuil qui change tout
Le DSA fixe un seuil précis : lorsqu’un service dépasse 45 millions d’utilisateurs actifs mensuels dans l’Union européenne, il peut être soumis aux obligations applicables aux très grands services numériques.
Pour la Commission européenne, ChatGPT présente une particularité : il ne fonctionne plus uniquement comme un chatbot capable de générer du texte. Grâce à ses fonctionnalités de recherche sur Internet, il peut également fournir des informations issues du web. Bruxelles considère donc qu’il répond à la définition d’un moteur de recherche au sens du DSA.
Par conséquent, OpenAI, l’entreprise derrière ChatGPT, devra renforcer son dispositif de gestion des risques. L’entreprise devra notamment évaluer chaque année les risques systémiques liés à son service et à ses systèmes algorithmiques.
Ces évaluations devront notamment prendre en compte la diffusion de contenus illégaux, la protection des mineurs, le bien-être physique et mental des utilisateurs, les droits fondamentaux, les processus électoraux et la sécurité publique.
Le DSA impose également davantage de transparence aux grandes plateformes numériques, ainsi qu’un accès à certaines données pour les chercheurs. L’objectif affiché par l’Union européenne est de mieux encadrer l’impact des technologies numériques sur les citoyens.
La réglementation européenne, elle, ne repose pas uniquement sur des obligations. En cas de manquement au DSA, les sanctions peuvent atteindre 6 % du chiffre d’affaires mondial annuel de l’entreprise concernée.
Pour OpenAI, dont l’activité autour de l’intelligence artificielle connaît une croissance spectaculaire, l’enjeu financier est donc loin d’être symbolique. L’entreprise dispose désormais de quatre mois pour se mettre en conformité, soit jusqu’à la fin décembre 2026.
Et en Afrique ? La RDC veut structurer son IA
Pendant que l’Europe renforce son cadre réglementaire, l’Afrique accélère progressivement son adoption des outils d’intelligence artificielle. ChatGPT et d’autres solutions d’IA générative sont désormais utilisés dans plusieurs domaines, notamment l’éducation, la communication, les affaires, la programmation, la création de contenus, etc.
En République Démocratique du Congo, le gouvernement entend également prendre position sur cette transformation technologique. Le ministère de l’Économie numérique a adopté, le 4 août 2026, la Stratégie nationale d’intelligence artificielle (SNIA).
Selon le ministère, ce document constitue le socle technique et stratégique destiné à guider la trajectoire numérique de la RDC au cours de la prochaine décennie. Sa présentation au Conseil des ministres est attendue pour approbation.
De consommateur à acteur de l’IA ?
Le véritable défi pour la RDC sera désormais de transformer cette stratégie en actions concrètes : développer les compétences locales, soutenir l’innovation, renforcer les infrastructures numériques et surtout définir un cadre permettant une utilisation responsable et souveraine de l’intelligence artificielle.
Entre une Europe qui régule les géants de l’IA et une RDC qui cherche à structurer sa stratégie nationale, une seule et même réalité s’impose : l’intelligence artificielle est désormais au cœur de la prochaine bataille numérique.
Bernard MPOYI | NUMERICO.CD
