Après la task force d’assainissement de la ville de Kinshasa qui nettoie les rues et sanctionne ceux qui salissent la ville, une nouvelle task force arrive. Celle-ci aura pour mission d’assainir l’espace numérique congolais. Leurs cibles : les personnes qui insultent et diffament sur les réseaux sociaux. C’est l’une des grandes propositions formulées au Conseil des ministres du 28 août par Patrick Muyaya, Ministre de la communication et des médias.
Selon le compte rendu du Conseil des ministres, Patrick Muyaya estime que l’État ne doit plus seulement réagir après la diffusion de contenus dangereux. Il faut aussi prévenir ces problèmes. Il a ainsi proposé de passer d’une réponse « réactive » à une « véritable gouvernance de notre espace informationnel ».
La Task Force dite interministérielle devra réunir plusieurs services de l’État mais sera pilotée par le ministère de la Communication et Médias. « Sa mission sera notamment de mettre en place des mécanismes permanents de veille et d’orientation. Elle devra aussi travailler sur les relations entre l’État congolais et les grandes plateformes numériques », a expliqué le porte-parole du gouvernement.
Le compte rendu parle notamment de la nécessité de définir « le cadre de coopération, de transparence et des représentations légales des grandes plateformes en République Démocratique du Congo ». Autrement dit, le Gouvernement veut que les grandes plateformes présentes en RDC aient des règles plus claires et des interlocuteurs légaux dans le pays.
Prévenir plutôt que seulement punir
Patrick Muyaya a également proposé de renforcer la prévention. Selon lui, le Gouvernement envisage notamment une campagne nationale permanente sur le bon usage des réseaux sociaux. Un mécanisme citoyen d’alerte, mais « strictement encadré », est également proposé.
« L’éducation aux médias devrait aussi être progressivement introduite dans les programmes scolaires. L’objectif est d’aider les jeunes à mieux comprendre les informations qu’ils trouvent sur Internet et les réseaux sociaux dans les milieux scolaires », a-t-il ajouté.
Adapter les règles au numérique
Une troisième proposition concerne également la préparation d’un rapport technique et juridique. Pour le porte-parole du gouvernement, ce rapport devra identifier les changements nécessaires dans les règles et les lois afin de mieux encadrer les acteurs du numérique. Le compte rendu précise toutefois que le Code du numérique de 2023 servira de base à cette réflexion.
Le ministre a, à cet effet, rappelé que cette démarche devra se faire avec les institutions qui ont déjà des responsabilités dans ce domaine, notamment le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), le ministère de la Justice, les ministères concernés et les services spécialisés.
Des poursuites contre certains auteurs d’insultes
À cette occasion, le Ministre de la Justice et Garde des Sceaux est également intervenu sur cette question. Il a présenté pour sa part des initiatives visant notamment à « traduire en justice et en flagrance certains délinquants congolais » impliqués, selon le compte rendu, dans des campagnes massives d’insultes.
Avec ces différentes propositions, le Gouvernement veut donc mieux organiser la surveillance, la prévention et la réponse aux contenus abusifs sur Internet, tout en associant les institutions chargées de la communication, de la justice et du numérique.
Blaise ABITA | NUMERICO.CD
