WhatsApp veut compliquer la tâche aux arnaqueurs. L’application de messagerie de Meta renforce progressivement ses outils de sécurité pour mieux protéger les comptes et aider ses utilisateurs à se méfier des appels provenant de personnes inconnues. Une évolution qui concerne aussi les millions de Congolais qui utilisent quotidiennement WhatsApp pour communiquer, travailler ou faire des affaires.
Selon une information publiée par TF1 INFO, WhatsApp apporte notamment des améliorations à la vérification en deux étapes et travaille sur de nouvelles solutions permettant aux utilisateurs de mieux identifier les appels provenant de numéros inconnus.
Aujourd’hui, lorsqu’un utilisateur installe WhatsApp avec son numéro de téléphone, l’application lui demande généralement un code reçu par SMS ou par appel. Ce code permet de vérifier que le numéro appartient bien à la personne qui tente d’ouvrir le compte, mais si ce code tombe entre les mains d’un escroc, le compte peut être récupéré frauduleusement.
C’est justement pour éviter ce type de situation que WhatsApp propose la vérification en deux étapes. Elle ajoute un code personnel supplémentaire que l’utilisateur choisit lui-même. Même si quelqu’un parvient à obtenir le premier code envoyé par WhatsApp, cette protection supplémentaire peut empêcher la prise de contrôle du compte.
Meta travaille également sur les passkeys, une méthode qui permet de se connecter plus simplement et de manière plus sécurisée en utilisant les moyens de déverrouillage déjà présents sur le téléphone : empreinte digitale, reconnaissance faciale ou code de l’appareil. Autrement dit, plutôt que de dépendre uniquement d’un code reçu par SMS, l’utilisateur peut s’appuyer sur la sécurité de son propre téléphone.
L’autre évolution concerne les appels provenant de personnes qui ne sont pas enregistrées dans le carnet d’adresses. L’objectif est de donner à l’utilisateur davantage d’informations avant qu’il ne décroche, afin qu’il puisse mieux déterminer s’il s’agit d’un appel normal ou d’une tentative suspecte.
Cette protection vise notamment les arnaques dans lesquelles un escroc appelle sa victime pour gagner sa confiance, lui soutirer des informations personnelles ou la pousser à envoyer de l’argent.
Les cybercriminels utilisent en effet de plus en plus ce type de manipulation, souvent appelée ingénierie sociale. Le principe est simple : au lieu de pirater directement un téléphone, l’escroc essaie de convaincre la victime de lui donner elle-même les informations dont il a besoin.
Pourquoi cela concerne particulièrement la RDC ?
En RDC, beaucoup de personnes utilisent WhatsApp pour travailler, vendre des produits, contacter des clients, suivre l’actualité ou échanger avec des collègues. Mais cette utilisation massive attire également les escrocs. Un compte WhatsApp peut être utilisé pour se faire passer pour son propriétaire, demander de l’argent à ses contacts, envoyer de faux liens ou diffuser des messages frauduleux.
Imaginez, par exemple, qu’un escroc récupère le compte d’un commerçant ou d’un journaliste. Il pourrait ensuite écrire à ses contacts en utilisant son identité et leur demander de l’argent ou leur transmettre un lien piégé. Pour les victimes, le message peut sembler crédible puisqu’il provient d’un numéro qu’elles connaissent déjà.
La protection du compte devient donc particulièrement importante pour les journalistes, entrepreneurs, commerçants, organisations et petites entreprises qui utilisent WhatsApp comme principal moyen de communication. Ces nouvelles protections ne signifient pas que les utilisateurs peuvent baisser leur garde.
La première règle reste de ne jamais communiquer son code de vérification WhatsApp à quelqu’un, même si cette personne prétend travailler pour WhatsApp ou affirme vouloir vous aider.
Il est également recommandé d’activer la vérification en deux étapes, d’éviter de cliquer sur des liens suspects et de rester prudent face aux messages ou appels provenant de personnes inconnues.
Un autre réflexe important consiste à vérifier l’identité d’un proche lorsqu’il demande soudainement de l’argent ou une information sensible sur WhatsApp. Un simple appel téléphonique peut parfois permettre de démasquer une tentative d’arnaque.
Mais dans la pratique, la meilleure protection reste la combinaison entre les outils de sécurité et la vigilance de l’utilisateur. Les escrocs adaptent constamment leurs méthodes, et aucune application ne peut empêcher une personne de transmettre volontairement son code, son argent ou ses informations personnelles.
Pour les utilisateurs congolais, le message est donc simple : sécuriser son compte WhatsApp n’est plus une option, surtout lorsque l’application sert aussi à travailler, vendre, acheter ou gérer une activité professionnelle.
Jonas TSHIPADI | NUMERICO.CD
