Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a mis en avant les réformes engagées par le gouvernement congolais pour dématérialiser plusieurs procédures liées aux échanges commerciaux, lors d’une table ronde de haut niveau consacrée à l’accès au numérique et aux opportunités économiques, organisée jeudi 17 septembre 2026 en marge du Forum public 2026 de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève, en Suisse.
Au cours de ces échanges, Julien Paluku a présenté les avancées réalisées par la RDC dans la numérisation de la passation des marchés publics ainsi que des procédures d’importation et d’exportation des marchandises.
Selon lui, l’objectif affiché par le gouvernement congolais est notamment de réduire les manipulations liées aux documents physiques et de contribuer à la lutte contre la corruption grâce à des procédures davantage automatisées et traçables.
Dans le domaine du commerce extérieur, Julien Paluku affirme avoir déjà dématérialisé 93 documents sur 98. Cette évolution repose notamment sur l’échange électronique de données entre le système informatique du Guichet unique intégral du Commerce extérieur (GUICE) et celui de la Direction générale des douanes et accises (DGDA), à travers Sydonia World.
Concrètement, cette interconnexion permet aux informations liées aux opérations commerciales de circuler électroniquement entre différentes plateformes administratives. Pour les opérateurs économiques, l’enjeu est de réduire progressivement les démarches sur papier et les déplacements nécessaires pour effectuer certaines formalités.
Cette digitalisation constitue également un outil de traçabilité. Plus les étapes d’une opération commerciale sont enregistrées dans des systèmes informatiques interconnectés, plus il devient possible de suivre le parcours d’un dossier et d’identifier les différents intervenants.
Un portail numérique pour accéder à l’information commerciale
Le gouvernement congolais mise également sur l’accès numérique à l’information. Le ministre du Commerce extérieur a ainsi souligné le lancement récent du Portail d’Informations Commerciales de la République Démocratique du Congo.
L’objectif de ce type de plateforme est de permettre aux entreprises et aux autres acteurs du commerce extérieur d’accéder plus facilement aux informations nécessaires à leurs opérations, notamment celles relatives aux procédures et aux exigences administratives.
Pour une économie où les formalités commerciales peuvent représenter un frein pour les entreprises, la mise en ligne de ces informations constitue un enjeu important. L’accès à une information claire et centralisée peut notamment réduire les démarches inutiles et faciliter les échanges avec l’administration.
Un potentiel numérique encore à élargir
La RDC dispose depuis 2023 d’un Code du numérique, qui constitue l’un des cadres juridiques de sa transformation numérique. Mais l’accès aux outils numériques reste encore limité à une partie de la population.
Selon les données citées par le ministère de l’Économie numérique lors de cette table ronde, 34 % de la population a accès à Internet, tandis que 67 % a accès au téléphone.
Ces chiffres montrent l’importance de poursuivre les investissements dans les infrastructures et l’accès aux services numériques. Pour que la dématérialisation du commerce extérieur produise pleinement ses effets, les entreprises et les usagers doivent notamment pouvoir disposer d’une connexion suffisamment accessible et fiable.
À Genève, le message porté par la RDC est donc celui d’une administration qui cherche à faire du numérique un outil de simplification des échanges, de traçabilité des procédures et d’ouverture de nouvelles opportunités économiques. Reste désormais le défi de faire passer ces plateformes numériques de la phase de dématérialisation administrative à une véritable expérience numérique simple et accessible pour les opérateurs économiques.
Jonas TSHIPADI | NUMERICO.CD
