Le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso, a pris part, ce mercredi 16 septembre 2026 à Nairobi, capitale du Kenya, à une conférence consacrée à l’intelligence artificielle dans les pratiques des banques centrales africaines.
Organisée par la Banque Centrale du Kenya(BCK), cette rencontre avait pour thème « Trusted Artificial Intelligence in Central Banking Practice »,(en français: L’intelligence artificielle de confiance dans les pratiques des banques centrales).
Les échanges ont tourné autour des opportunités et des défis liés à l’utilisation de l’IA dans la politique monétaire, la stabilité financière, la supervision et l’analyse des données.

Prenant part au panel consacré à l’usage de l’intelligence artificielle, à la politique monétaire, à l’analyse des données et à la stabilité financière, André Wameso a présenté les réflexions et perspectives de la BCC sur une intégration progressive de cette technologie dans ses activités.
Selon le résumé de son intervention, relayé sur le compte X de la BCC, l’intelligence artificielle pourrait notamment être mise à contribution dans « la prévision macroéconomique, la supervision bancaire, la surveillance des systèmes de paiement et l’aide à la décision ».
Pour le gouverneur, cette transformation technologique ne peut pas se faire sans précautions. La BCC insiste notamment sur la nécessité d’une « approche prudente », reposant sur une gouvernance rigoureuse des données, la protection de leur confidentialité, le renforcement des infrastructures technologiques et le développement des compétences.

Cette prudence intervient alors que les banques centrales africaines sont confrontées à une masse croissante de données économiques et financières à analyser. L’IA ouvre ainsi des possibilités d’automatiser certaines tâches, améliore les capacités d’analyse et appuie les responsables dans leurs prises de décision. Cependant, il se pose également des questions liées à la fiabilité des données, à la sécurité et à la gouvernance des systèmes utilisés.
Pour la BCC, l’enjeu dépasse donc la simple acquisition d’outils technologiques. Il concerne également les capacités humaines et institutionnelles nécessaires pour utiliser ces technologies de manière maîtrisée.
André Wameso a par ailleurs mis en avant la nécessité d’une coopération accrue entre les banques centrales du continent. Cette collaboration doit permettre, selon la BCC, de favoriser « le partage d’expériences et une adoption responsable de l’IA ».
Au-delà des frontières congolaises, la participation de la BCC à cette conférence intervient dans un contexte où l’institution affiche déjà la modernisation et la digitalisation parmi ses orientations. Sur son site officiel, la Banque centrale présente notamment la digitalisation des paiements et l’automatisation des processus de contrôle comme des axes de modernisation.

À Nairobi, le débat sur l’intelligence artificielle place ainsi les banques centrales africaines face à une même question : comment exploiter les capacités des nouvelles technologies tout en préservant la stabilité financière, la confidentialité des données et la qualité des décisions monétaires ?
Blaise ABITA | NUMERICO.CD
