L’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) annonce la tenue de la première édition du forum Francophonie 4.0 prévue à Bruxelles, en Belgique. Ce forum est consacré aux grandes mutations technologiques et économiques qui attendent l’espace francophone. L’information a été rendue publique ce jeudi 3 septembre 2026 sur le compte X de l’institution.
Selon l’OIF, le rendez-vous prévu le 23 septembre réunira décideurs, experts et entrepreneurs autour de deux enjeux : l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi, ainsi que l’innovation au service d’un développement inclusif. L’objectif affiché est d’anticiper les transformations à venir et d’identifier des réponses adaptées aux réalités des pays francophones.
Pour les pays africains francophones, la question ne se limite plus à savoir si l’IA va transformer le marché du travail, mais à déterminer comment préparer les populations à cette transformation.
L’OIF considère déjà le numérique et l’intelligence artificielle comme des leviers de transformation économique. À cet effet, elle développe des initiatives de formation aux métiers du numérique et de l’IA, tout en travaillant sur les enjeux de gouvernance et d’inclusion.
La première édition du Forum Francophonie 4.0 pourrait ainsi ouvrir des discussions sur les compétences dont les jeunes auront besoin d’ici 2030, l’adaptation des systèmes éducatifs, l’accompagnement des entreprises et la création de nouveaux métiers liés à l’IA.
Quelle place pour la RDC ?
La République Démocratique du Congo arrive à ce rendez-vous avec un intérêt particulier. La RDC est un État membre de l’OIF depuis 1977, ce qui lui donne toute sa place dans les réflexions collectives de l’espace francophone.
Pour Kinshasa, le Forum peut constituer une occasion de mieux positionner les priorités nationales autour de l’intelligence artificielle : formation des jeunes, développement des compétences, soutien aux start-up, modernisation de l’administration, agriculture intelligente, santé numérique, éducation et exploitation des données.
Au-delà de l’inclusion économique, l’enjeu est également linguistique. L’OIF souligne que l’essor de l’IA pose la question de la représentation des langues et des cultures dans les technologies numériques. Pour la RDC, pays marqué par une grande diversité linguistique, cette question pourrait devenir stratégique dans le développement de solutions d’IA adaptées aux réalités locales, alors que le Ministère de l’Économie numérique a mis un accent particulier sur l’intégration de l’IA dans les langues nationales dont le Lingala, lors du lancement de la campagne de vulgarisation du code du numérique en août 2026.
La RDC peut également attendre de ce rendez-vous des opportunités de coopération, de formation, d’innovation et de mise en réseau avec d’autres acteurs francophones. Cette perspective intervient alors que l’OIF et la Banque africaine de développement (BAD) ont déjà prévu un partenariat visant notamment à renforcer les compétences numériques, l’employabilité et l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes, avec la RDC parmi les pays concernés.
Blaise ABITA | NUMERICO.CD
