Contrairement aux voix hostiles qui ont vigoureusement dénoncé l’arrêté sur la fiscalité du numérique, une prise de position nuancée émerge du monde tech congolais. Le créateur de jeux vidéo Trésor Kalonji estime que le principe d’une fiscalité sur le secteur peut être envisagé, à condition qu’il s’inscrive dans un environnement favorable au développement des jeunes entreprises innovantes.
Reçu mardi 4 août 2026 par l’Agence Congolaise de Presse (ACP), Kalonji a plaidé pour une approche plutôt mesurée et coordonnée. « Dans ce contexte, la mise en place d’un barème (arrêté sur les startups) avant l’effectivité des mesures protectrices annoncées gagnerait à être articulée, afin que les impératifs liés à la mobilisation des recettes publiques et au développement de l’écosystème se renforcent, plutôt que de se contredire ».
Modéré, ce spécialiste reconnaît que le secteur du numérique en RDC fait toujours face à plusieurs défis structurels : « le secteur du numérique en République démocratique du Congo reste toutefois confronté à des contraintes déjà nombreuses : coût élevé de la connectivité, accès limité au financement, cadre réglementaire encore en construction ». Un constat lucide sur un terrain miné.
La position de Trésor Kalonji contribue à recentrer le débat : il ne s’agit plus seulement d’un affrontement binaire entre pour et contre, mais d’une discussion pragmatique sur les modalités d’une fiscalité juste et efficace.
Suspension et tensions
Le débat autour de la fiscalité applicable aux entreprises du numérique en RDC continue de susciter des réactions au sein de l’écosystème numérique, même après que le Gouvernement ait suspendu l’application de l’arrêté interministériel n°015 du 20 juillet 2026 fixant les taux, droits et redevances à percevoir sur certains services numériques.
Après sa publication, le texte a suscité de nombreuses réactions au sein des startups, des organisations professionnelles et des acteurs du numérique, qui ont exprimé leurs préoccupations quant à son impact sur les jeunes entreprises innovantes.
C’est ainsi que le Gouvernement a annoncé, le 3 août 2026, la suspension de l’application de cet arrêté. Dans une mise au point publiée par Patrick Tete sur son compte X, le chargé de communication du ministère des Finances a indiqué que cette décision visait à permettre des consultations complémentaires et à éviter toute confusion, tout en précisant que les startups bénéficiant du label prévu par le Code du numérique ne sont pas concernées par cette mesure fiscale et continuent de bénéficier des avantages prévus par la législation en vigueur.
Entre contestations, suspension de l’arrêté et soutien à l’initiative gouvernementale, la proposition de Trésor Kalonji laisse entendre désormais un débat lucide sur les perspectives de la mesure fiscale autour du fonctionnement des Startups en République démocratique du Congo.
Blaise ABITA | NUMERICO.CD
