D. Migisha est ferme : le gouvernement doit se conformer à la vision de Tshisekedi sur le numérique

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Les soutiens en faveur de la surséance de l’arrêté controversée sur le numérique ne cessent de fuser de partout. La dernière sortie médiatique à ce sujet est celle de Dominique Migisha, Coordonnateur de l’Agence pour le Développement du Numérique (ADN) qui a salué la décision ce lundi, non sans rappeler fermement ses attentes. À ses yeux, cette surséance n’est pas qu’une simple pause politicienne. Le Gouvernement a l’opportunité de clarifier les dispositions concernées afin de les aligner sur la vision présidentielle de transformation numérique. Les aligner sur la vision du Président, dit-il, celle inscrite dans le programme « RDC Nation Digitale 2030 ».

En réaction à l’arrêté interministériel qui a d’abord semé l’inquiétude au sein de l’écosystème avant d’être sursis par le gouvernement, Dominique Migisha a adopté un ton sans concession pour rappeller que la vision présidentielle fait de l’entrepreneuriat technologique, de l’innovation, de l’intelligence artificielle et de la souveraineté numérique des priorités nationales. L’on en déduit que toute réglementation qui ignore ces objectifs est inacceptable.

Selon lui, l’écosystème technologique congolais doit plutôt être encouragé et soutenu sans réserve car le numérique constitue un levier essentiel de croissance économique et un catalyseur de la bonne gouvernance.

Sur la fiscalité, Migisha appelle à la raison et au pragmatisme. Il recommande de s’inspirer des modèles ayant fait leurs preuves sur le continent africain afin d’éviter de « réinventer la roue ». Il plaide également pour une approche plus participative, associant étroitement les acteurs privés dans l’élaboration des dispositifs fiscaux qui les concernent directement.

Migisha a également souligné la nécessité de concilier deux impératifs : la mobilisation des recettes publiques, d’une part, et la protection des jeunes entreprises congolaises pendant leurs années formatrices, d’autre part. Mais il a été catégorique : « Les secteurs public et privé peuvent trouver un équilibre entre les impératifs de mobilisation des recettes publiques, dans un contexte budgétaire difficile marqué par la guerre imposée à la RDC, et la nécessité de protéger les jeunes startups et entrepreneurs congolais durant leurs premières années d’activité », soutient-il.

Pour atteindre cet objectif, Dominique Migisha préconise la mise en œuvre effective des mesures prévues par le Code du numérique, la loi sur la sous-traitance ainsi que l’ordonnance-loi relative à l’entrepreneuriat et aux startups afin de stimuler durablement l’écosystème technologique national.

Dominique Migisha estime que la RDC s’est engagée de manière irréversible sur la voie de la numérisation depuis 2019. Il reconnaît que la mise en œuvre du Plan National du Numérique Horizon 2025 n’a pas été exempte de difficultés, tout en mettant en avant plusieurs avancées significatives, notamment la promulgation du Code du numérique et la capitalisation des expériences réussies dans plusieurs pays africains et ailleurs.

La décision de suspendre l’application du nouvel arrêté a été prise dans la soirée du samedi 1er août 2026. Officiellement, pour « éviter toute confusion, toute mauvaise interprétation ou toute récupération tendancieuse ».

Le texte, proposé par le ministère de l’Économie numérique et cosigné par le Ministère des Finances, avait suscité un tollé en raison notamment des montants d’autorisation évoqués : 3 000 USD pour une plateforme de réservation ou une boutique en ligne, 5 000 USD pour des services de streaming ou de moteurs de recherche, et des frais d’hébergement allant de 2 000 à 5 000 USD selon la catégorie. Dans une déclaration rendue publique dimanche 2 août 2026, l’opposant Martin Fayulu Madidi avait dénoncé une mesure qu’il estimait « défavorable » à l’innovation et à l’entrepreneuriat.

Des frais d’autorisation élevés auraient réduit la capacité des petites équipes à payer salaires et charges. Les plateformes locales facilitent l’accès aux biens et services pour des zones peu desservies. L’alourdissement des coûts risquait de réduire l’offre et d’accentuer la fracture numérique. Aussi, des coûts d’entrée élevés auraient favorisé les grandes plateformes étrangères, au détriment des acteurs locaux et de la création de la valeur nationale.

Bernard MPOYI | NUMERICO.CD

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