RDC : La DINACOPE vise désormais l’IA, la biométrie et le numérique

Numerico
4 Min Read

Dans les bureaux de l’administration scolaire, le temps des dossiers papiers empilés, des procédures entièrement manuelles et des données difficiles à retracer semble progressivement céder la place à une nouvelle approche. La Direction nationale de contrôle, de préparation de la paie et de maîtrise des effectifs (DINACOPE) veut désormais s’appuyer sur le numérique, la biométrie et l’intelligence artificielle pour mieux connaître les effectifs et sécuriser la paie des enseignants.

Lors d’un point de presse tenu ce mercredi 12 août 2026, Vital Lumbala Kadiata, Directeur national de la DINACOPE, a présenté cette transformation comme l’un des axes majeurs de la réforme engagée dans la gestion des ressources humaines du secteur éducatif.

Pour lui, l’administration scolaire ne peut plus fonctionner avec des données qui dorment dans des dossiers ou circulent manuellement d’un bureau à l’autre. Elle doit disposer d’informations fiables, actualisées et traçables, capables de suivre la réalité du terrain.

« La gestion des enseignants d’aujourd’hui ne peut plus reposer uniquement sur des procédures manuelles. Il faut digitaliser le processus et intégrer l’intelligence artificielle. Nous devons disposer de données fiables, actualisées et traçables », a-t-il expliqué.

Des enseignants mieux identifiés grâce au numérique

Derrière cette volonté de digitalisation se trouve un objectif très concret : savoir avec précision qui est réellement enseignant, où il travaille et quelle est sa situation administrative.

La DINACOPE annonce ainsi son engagement dans la digitalisation du contrôle physique et de la gestion des effectifs. Une évolution qui devra permettre de mieux maîtriser les mouvements des agents et de limiter les erreurs susceptibles d’affecter le fichier de paie.

À terme, le numérique devrait également permettre de réduire les délais de traitement administratif, de sécuriser les informations et d’améliorer le contrôle des effectifs.

Cette transformation s’accompagne progressivement d’un dispositif biométrique au niveau de l’administration centrale. Empreinte digitale et reconnaissance faciale sont appelées à devenir de nouveaux outils de contrôle.

L’objectif, insiste Vital Lumbala Kadiata, n’est pas de transformer le contrôle en instrument de sanction. Il s’agit plutôt de savoir qui est présent, qui est absent et quelle est la situation réelle des agents, afin de renforcer la responsabilité, la discipline et la performance au sein de l’administration, a-t-il expliqué.

Traquer les fictifs pour protéger les vrais enseignants

Mais la digitalisation n’est qu’une partie de la stratégie. L’autre bataille se joue directement dans le fichier de paie. La DINACOPE dit vouloir renforcer l’assainissement de cette base de données afin que les ressources publiques destinées aux enseignants atteignent effectivement leurs bénéficiaires.

Pour le responsable de cette structure, demander davantage de moyens à l’État n’a de sens que si chaque franc déjà mobilisé est correctement orienté.

La lutte contre les recrutements fictifs et les irrégularités devient alors une priorité. Dans cette perspective, l’harmonisation des bases de données entre la DINACOPE et la Direction de la Paie a permis, selon Vital Lumbala Kadiata, d’améliorer la fiabilité des informations et de réduire le délai d’intégration des données dans le processus de paie.

Le croisement des données a également fait apparaître des anomalies. 148 administratifs de bureaux qui avaient intégré frauduleusement la paie ont été détectés et désactivés, a annoncé le directeur national de la DINACOPE. Un chiffre qui illustre, selon lui, l’ampleur du travail d’assainissement encore nécessaire.

Ezechiel MONTEIRO | NUMERICO.CD

Share This Article
Leave a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *