Il leur a été exigé de payer des taxes à hauteur de 2000$, 3000$, voire 5000$ ou plus pour les services numériques qu’ils proposent. Mais les entrepreneurs du numérique opérant en RDC ont protesté et la grogne aura eu raison du gouvernenent congolais. Ce dernier a réculé, surseyant l’arrêté interministériel n°015 du 20 juillet 2026 qui imposait de nouvelles taxes jugées exorbitantes dans ce secteur.
Dans une mise au point publiée lundi 3 août 2026 sur X, Patrick Tete, Chargé de communication du ministère des Finances, explique que ce texte « ne concerne pas les startups » certifiées qui continuent de bénéficier des avantages prévus par la législation en vigueur, notamment aux articles 50 et 384, respectivement de l’Ordonnance-loi n° 22/030 du 8 septembre 2022 et de la loi portant Code du Numérique.
« L’arrêté dont il est question ne concerne nullement les startups qui sont officiellement reconnues, les micro et petites entreprises formalisées, bénéficiaires des avantages prévus par le cadre légal susmentionné, dont les mesures d’applications sont en cours d’élaboration », lit-on dans la mise au point.

La décision de suspendre l’application du nouvel arrêté a été prise dans la soirée du samedi 1er août 2026. Officiellement, selon la même source, pour « éviter toute confusion, toute mauvaise interprétation ou toute récupération tendancieuse ».
Le texte, proposé par le ministère de l’Économie numérique et cosigné par le Ministère des Finances, avait toutefois suscité un tollé en raison notamment des montants d’autorisation évoqués : 3 000 USD pour une plateforme de réservation ou une boutique en ligne, 5 000 USD pour des services de streaming ou de moteurs de recherche, et des frais d’hébergement allant de 2 000 à 5 000 USD selon la catégorie. Dans une déclaration rendue publique dimanche 2 août 2026, l’opposant Martin Fayulu Madidi avait dénoncé une mesure qu’il estimait « défavorable » à l’innovation et à l’entrepreneuriat.
Des frais d’autorisation élevés auraient réduit la capacité des petites équipes à payer salaires et charges. Les plateformes locales facilitent l’accès aux biens et services pour des zones peu desservies. L’alourdissement des coûts risquait de réduire l’offre et d’accentuer la fracture numérique. Aussi, des coûts d’entrée élevés auraient favorisé les grandes plateformes étrangères, au détriment des acteurs locaux et de la création de la valeur nationale.
La suspension de l’arrêté est perçue comme une victoire provisoire pour l’écosystème numérique congolais.
Blaise ABITA | NUMERICO.CD
