Le Fonds de Développement du Service Universel (FDSU) a officiellement lancé, samedi 8 août 2026 à Kinshasa, la phase opérationnelle de la mise en œuvre de sa stratégie de connectivité universelle, à travers la signature des premières conventions de subvention avec les opérateurs de réseaux mobiles.
La cérémonie marque une étape majeure : le passage de la planification au déploiement effectif des infrastructures dans les zones rurales, enclavées et insuffisamment desservies de la République démocratique du Congo.
Après le lancement des 40 premiers sites pilotes, le FDSU entend progressivement changer d’échelle. L’établissement vise une première phase élargie de 300 sites, avant d’atteindre 3 000 sites de télécommunications à l’horizon 2030, avec un impact estimé à près de 16 millions de Congolais supplémentaires connectés.
Le programme prévoit également le développement de 100 Centres Communautaires Numériques, destinés à rapprocher davantage les services et usages numériques des populations.

C’est le cap présenté par le Directeur Général du FDSU, Paterne Binene-A-Kadiat, qui place la réduction de la fracture numérique au cœur de la mission de l’établissement.
Pour le Directeur Général, la connectivité ne doit pas être considérée comme un privilège réservé aux grands centres urbains, mais comme un véritable instrument de justice sociale, de développement économique et de cohésion nationale.
« Derrière une antenne que nous allons installer dans une zone rurale, il ne faut pas seulement voir une infrastructure de télécommunications. Il faut voir un enfant qui pourra accéder au savoir, un centre de santé qui pourra communiquer, un agriculteur qui pourra accéder au marché, une administration qui pourra se rapprocher des citoyens, une communauté qui pourra participer pleinement à la vie économique nationale », a déclaré Paterne Binene-A-Kadiat.
40 sites pour amorcer le déploiement

La première étape opérationnelle porte sur 40 sites pilotes, répartis entre les opérateurs concernés. Ces infrastructures constituent le point de départ d’un programme appelé à monter progressivement en puissance sur l’ensemble du territoire national.
À travers ce dispositif, le FDSU entend contribuer à rapprocher les populations des services de télécommunications et du numérique, faciliter l’accès des écoles aux ressources éducatives, favoriser le développement de la télémédecine, améliorer l’accès aux services publics et soutenir les activités économiques dans les territoires aujourd’hui insuffisamment connectés.
L’intervention du FDSU répond notamment à une réalité économique : dans de nombreuses zones rurales, enclavées ou faiblement peuplées, les investissements nécessaires au déploiement des réseaux sont difficilement rentables pour les opérateurs selon les modèles commerciaux traditionnels.
Le mécanisme de subvention vise précisément à réduire ce déficit de viabilité économique en prenant en charge une partie des investissements nécessaires au déploiement des infrastructures dans les zones où les besoins sont importants mais où les conditions du marché ne permettent pas, à elles seules, de justifier les investissements.
Pour les premiers sites pilotes, le FDSU a notamment retenu un mécanisme de financement des investissements initiaux de type « Full CAPEX », dans le cadre d’une collaboration associant le FDSU, les opérateurs de réseaux mobiles et les acteurs spécialisés dans les infrastructures de télécommunications.
Le partage des infrastructures est également encouragé afin de mutualiser les investissements, réduire les coûts de déploiement et favoriser une couverture plus rapide des territoires concernés.
De la structuration au déploiement
Cette cérémonie intervient après une première année consacrée en grande partie à la structuration du FDSU et à la préparation des conditions nécessaires au déploiement de sa mission.
Dans son intervention, Paterne Binene-A-Kadiat a ainsi dressé le bilan du travail accompli, notamment en matière de consolidation institutionnelle, de gouvernance, de mobilisation des ressources, d’identification des zones insuffisamment desservies et de définition d’une stratégie nationale de déploiement.
L’enjeu est désormais de transformer ces fondations institutionnelles en infrastructures et, surtout, en impact concret pour les populations.
Avec une trajectoire allant des 40 premiers sites pilotes aux 300 sites de la première phase, puis à 3 000 sites à l’horizon 2030, le FDSU entend ainsi inscrire son action dans une logique de changement d’échelle.
L’objectif affiché est clair : faire de la connectivité universelle un levier de désenclavement, d’inclusion numérique et de développement, afin que la transformation numérique de la République démocratique du Congo bénéficie également aux populations vivant loin des grands centres urbains
Ezéchiel MONTEIRO | NUMERICO.CD
