Le premier vice-coordonnateur de l’Agence pour le Développement du Numérique (ADN), Jeff Ciamala, a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre de la Politique sectorielle de l’Économie numérique 2026-2030 et de la Stratégie nationale de l’Intelligence artificielle (SNIA). Il s’exprimait mardi 4 août, à Kinshasa, lors de la cérémonie de clôture de l’atelier de restitution et de validation de ces deux documents stratégiques.
Dans son allocution, Jeff Ciamala a rappelé que ces deux instruments constituent désormais le socle technique et stratégique destiné à orienter la transformation numérique de la République Démocratique du Congo au cours de la prochaine décennie.
« Ces documents constituent le socle technique et stratégique destiné à guider la trajectoire numérique de notre pays pour la prochaine décennie », a-t-il déclaré. Il souligne en outre que l’ADN, en tant que service spécialisé de la Présidence de la République, apporte un appui stratégique et méthodologique au gouvernement, particulièrement au ministère de l’Économie numérique chargé de leur mise en œuvre.
Le responsable de l’ADN a également précisé que son institution n’est pas un organe d’exécution. « Il est important de rappeler ici que nous ne sommes pas l’organe d’exécution. Ce rôle échoit légitimement au Gouvernement », a-t-il insisté.
Un bilan de 64 % pour le Plan national du numérique
Profitant de cette tribune, Jeff Ciamala a présenté le bilan de clôture du Plan national du numérique (PNN), lancé sous l’impulsion du président de la République, Félix Tshisekedi, en 2019.
Selon les chiffres dévoilés, le taux global d’opérationnalisation du PNN s’établit à 64 %. Sur les 44 projets amorcés, 17 ont été entièrement achevés, tandis que 27 autres ont franchi le seuil critique de la phase d’opérationnalisation.
Pour lui, ce niveau d’exécution, bien qu’encourageant, met également en évidence les difficultés rencontrées, notamment le déficit de financement public, d’où la nécessité d’un nouveau cadre plus robuste et mieux structuré.
La Politique sectorielle 2026-2030, a-t-il expliqué, permettra ainsi de capitaliser sur les acquis du PNN, de corriger les insuffisances constatées et de proposer une architecture plus cohérente pour le développement des projets numériques. Elle met notamment l’accent sur les infrastructures numériques souveraines, la gouvernance des données, la transformation digitale de l’administration ainsi que le développement de l’économie de l’innovation.
Faire de la RDC un acteur de l’IA
Abordant la Stratégie nationale de l’Intelligence artificielle, Jeff Ciamala a indiqué qu’elle traduit la vision du chef de l’État de faire de la RDC une véritable « Nation digitale ».
Selon lui, le pays ne doit plus se limiter à exporter des minerais critiques ou à consommer des technologies développées ailleurs, mais ambitionne désormais de s’intégrer dans la chaîne mondiale de valeur de l’intelligence artificielle.
Dans cette perspective, l’ADN accompagnera l’opérationnalisation des quatre piliers de cette stratégie, à savoir la gouvernance éthique, les infrastructures de calcul intensif, le développement du capital humain et la création d’un écosystème d’innovation.
Il a notamment insisté sur le développement des capacités algorithmiques nationales, la constitution de bases de données reflétant les réalités congolaises ainsi que l’émergence de startups locales capables de répondre aux défis du pays.
Gouvernance, fiscalité et financement au cœur des priorités
Le premier vice-coordonnateur de l’ADN a estimé que la validation des deux documents ouvre désormais la phase la plus importante : celle de leur mise en œuvre.
Il a plaidé pour l’adoption d’un cadre réglementaire moderne afin de garantir une gouvernance responsable de l’intelligence artificielle, protéger les citoyens et favoriser l’innovation.
Jeff Ciamala a également souligné l’importance de renforcer les compétences nationales à travers la création d’une Académie de l’IA et la refonte des programmes de formation, en partenariat avec les universités, les centres de recherche, le secteur privé et le pouvoir public.
Concernant le financement, il a appelé à l’activation rapide des mécanismes innovants prévus par les deux stratégies ainsi qu’à un meilleur alignement des partenaires techniques et financiers sur les priorités nationales.
Bernard MPOYI | NUMERICO.CD
