Ce mardi 9 juin, le monde célèbre la Journée internationale des archives, initiée depuis le 9 juin 2008 pa le conseil international des archives (CIA). En 2026, le CIA a choisi un thème fort et sensible : Archives pour la justice : Droits, mémoire et avenirs. Pour la République démocratique du Congo, ce thème n’est pas un slogan. C’est une urgence. Car dans les tribunaux congolais, la mémoire de la justice s’efface chaque jour, Une justice jugée malade .
Un constat amer se fait depuis quelques années : Entrez dans un greffe à Kinshasa, à Goma ou à Gemena. Vous verrez des dossiers posés à même le sol. Des registres rongés par les termites. Des jugements rendus illisibles par la pluie qui coule du toit. Des procès-verbaux disparus dans un incendie. Dans beaucoup de juridictions, les anciennes archives judiciaires n’existent presque plus. Les armoires sont vides ou cassées. Des décisions vieilles de dix ans sont introuvables.
Le problème est grave parce que sans papier, il n’y a pas de preuve probante du dossier sous examens. Un père de famille ne peut plus montrer qu’il a gagné son procès pour sa maison. Une femme victime de violence perd la trace de la condamnation de son agresseur. Un juge ne trouve plus la jurisprudence pour décider d’une affaire semblable. Quand les archives meurent, le droit s’affaiblit. Grave encore, la corruption entre plus facilement. L’impunité s’installe et les citoyens perdent confiance et espoir dans la justice.
Face à cela, le numérique une réponse ambitieuse et apporte désormais un espoir. Scanner un jugement avant qu’il ne tombe en poussière, c’est sauver un droit pour toujours. Mettre les registres sur un serveur, c’est protéger la mémoire des crimes et des peines contre le feu et l’eau. Créer un data base des décisions, c’est aider tous les juges du pays à dire le même droit. Un document numérique ne jaunit pas et ne peut être emporté par le feu ni être mouillé par l’eau.Au contraire, on peut le copier mille fois ou on peut l’envoyer de de Lubumbashi à Bukavu en une seconde.
Cette Journée internationale des archives rappelle une vérité simple mais pourtant claire : les archives ne sont pas des vieux papiers, ce sont les preuves de nos droits et de notre histoire commune. Pour la RDC, le thème « Archives pour pour la justice » veut dire que l’État de droit dépend de la mémoire écrite. Sans archives fiables, on ne peut pas punir les coupables ni rendre justice aux victimes et affliger de peines aux présumés.
Bien sûr, les obstacles sont nombreux. Numériser demande de l’électricité qui ne coupe pas, des machines, de l’internet et des agents bien formés. Il faut aussi protéger les fichiers contre les pirates et les pannes. Tout cela coûte de l’argent et demande une vraie volonté politique.
Mais l’enjeu est plus grand que la technique. C’est une question d’avenir. Un pays qui laisse mourir ses archives de justice laisse mourir une partie de sa loi. Un pays qui choisit le numérique donne à ses enfants la possibilité de réclamer justice demain avec des preuves solides.
En ce 9 juin 2026, la RDC doit répondre à une question claire : veut-elle une justice « Morte » sans mémoire, ou une justice qui garde ses traces grâce au numérique?
Blaise ABITA | NUMERICO.CD
