Réunie à Libreville, au Gabon, pour la sixième session ordinaire du Comité technique spécialisé sur la communication et les technologies de l’information et de la communication (STC-CICT), l’Union africaine entend renforcer la connectivité, sécuriser les échanges de données et favoriser l’interopérabilité des systèmes numériques. Trois leviers jugés essentiels pour améliorer les services publics, stimuler l’innovation et accélérer la transformation numérique du continent. C’est ce que renseigne une dépêche de l’UA publiée sur son site internet, et consultée par NUMERICO.CD , ce jeudi 29 octobre 2026.

L’Afrique veut accélérer sa transformation numérique en misant sur une meilleure connectivité, la sécurisation des échanges de données et l’interopérabilité des systèmes informatiques. Ces priorités ont été mises en avant lors de l’ouverture de la sixième session ordinaire du Comité technique spécialisé sur la communication et les technologies de l’information et de la communication (STC-CICT) de l’Union africaine, à Libreville, au Gabon.

S’exprimant à cette occasion, Kamugisha Kazaura, directeur des infrastructures et de l’énergie à la Commission de l’Union africaine, a souligné l’importance de ces trois piliers pour favoriser le développement de services publics intégrés et soutenir l’innovation numérique.

Leur mise en œuvre coordonnée doit permettre aux États africains de mieux connecter leurs infrastructures, de faciliter les échanges sécurisés d’informations et de rendre leurs systèmes numériques plus compatibles. Une évolution susceptible d’améliorer les services proposés aux citoyens et aux entreprises, tout en créant de nouvelles opportunités économiques.

La connectivité au cœur des ambitions africaines

L’extension de la connectivité constitue un enjeu majeur pour les pays africains, où l’accès aux infrastructures et aux services numériques demeure inégal. Au-delà du déploiement des réseaux, l’objectif consiste à garantir un accès fiable et financièrement abordable, permettant au plus grand nombre de bénéficier des avantages de la transformation numérique.

Cette ambition suppose également de développer des services adaptés aux besoins des populations et de renforcer les compétences numériques, afin que les progrès technologiques se traduisent par des retombées concrètes dans les domaines de l’administration, de l’éducation, de l’économie et de l’accès à l’information.

Pour l’Union africaine, l’enjeu est donc de faire de la connectivité un instrument d’intégration continentale, capable de rapprocher les administrations, les entreprises et les citoyens.

Sécuriser les données et interconnecter les systèmes

La sécurisation des échanges de données représente un autre défi central. À mesure que les administrations et les entreprises adoptent des solutions numériques, la protection des informations et la fiabilité des échanges deviennent indispensables pour renforcer la confiance des utilisateurs.

Parallèlement, l’interopérabilité doit permettre aux différents systèmes informatiques de communiquer et d’échanger des informations de manière efficace et sécurisée. Cette compatibilité est notamment essentielle pour faciliter la coopération entre les administrations publiques et améliorer la continuité des services au-delà des frontières nationales.

La combinaison de ces éléments pourrait ainsi contribuer à la mise en place de services publics mieux intégrés, tout en favorisant le développement de solutions numériques adaptées aux réalités africaines.

L’intelligence artificielle, un accélérateur potentiel

Les discussions de Libreville accordent également une place aux technologies émergentes, particulièrement à l’intelligence artificielle, considérée comme un levier potentiel d’accélération de la transformation numérique.

Toutefois, leur développement nécessite des infrastructures fiables, des politiques adaptées et des compétences techniques suffisantes. Il implique également de veiller à ce que les innovations bénéficient aux populations, indépendamment de leur situation géographique ou de leur niveau de ressources.

La secrétaire générale du ministère gabonais de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Aline Sylvie Minko-Mi-Etoua, a ainsi insisté sur la nécessité de formuler des recommandations précises, pratiques et adaptées aux réalités des États membres de l’Union africaine.

De son côté, Robert Lisinge, représentant de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, a rappelé que la réussite de cette transformation devait se mesurer aux possibilités offertes aux populations, à l’amélioration des services et à l’élargissement de l’accès aux opportunités numériques.

Une ambition inscrite dans l’Agenda 2063

Les travaux du STC-CICT doivent aboutir à des recommandations techniques destinées à éclairer les décisions ministérielles et à renforcer la coordination des politiques numériques sur le continent.

Cette démarche s’inscrit dans la vision de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui ambitionne de bâtir une Afrique intégrée, prospère et pacifique.

Pour concrétiser cette ambition, les États membres devront notamment renforcer leur coopération, harmoniser leurs approches et transformer les orientations adoptées en mesures applicables.

Ézéchiel MONTEIRO | NUMERICO.CD