RDC : les paris sur smartphone sous surveillance

Numerico
5 Min Read

Les paris sportifs et autres jeux d’argent ne se jouent plus seulement dans des agences physiques. En RDC, il suffit désormais d’un smartphone et d’une connexion Internet pour miser en quelques clics. Face à cette évolution, le ministère des Finances veut renforcer le contrôle des plateformes numériques qui proposent des jeux d’argent et de hasard.

Dans un communiqué officiel signé le 27 août 2026, le ministère des Finances rappelle aux sociétés de paris sportifs, casinos, loteries, organisateurs de concours de pronostics et autres opérateurs qu’il est désormais chargé par le Gouvernement de conduire la réforme et la régulation de ce secteur.

Cette décision intervient alors que les plateformes de paris en ligne prennent une place de plus en plus importante dans les habitudes des utilisateurs. Depuis un téléphone portable, un joueur peut aujourd’hui créer un compte, déposer de l’argent, miser sur un match et éventuellement récupérer ses gains, sans se rendre dans une agence.

Pour les autorités, cette évolution technologique nécessite également un meilleur contrôle. Le ministère explique que la réforme vise notamment « une régulation cohérente, la protection des joueurs, la transparence des opérations, la lutte contre les pratiques illicites ainsi qu’une meilleure mobilisation des recettes publiques ».

Qui doit contrôler les jeux d’argent en RDC ?

Le ministère des Finances s’appuie notamment sur l’Ordonnance n°25/293 du 15 décembre 2025 fixant les attributions des différents ministères. Selon le communiqué, ce texte confie au ministère des Finances « l’enregistrement des opérateurs et la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard ». Autrement dit, les entreprises qui proposent des paris, loteries ou autres jeux d’argent doivent désormais se tourner vers les services compétents du ministère des Finances pour leur identification et les autorisations nécessaires.

Le ministère précise également que les attributions du ministère des Sports et Loisirs ne comprennent plus les compétences relatives aux jeux de hasard et aux loteries. Pour les Finances, cette nouvelle répartition met « fin à toute ambiguïté institutionnelle en la matière ».

Le changement concerne directement les entreprises qui proposent leurs services sur Internet ou à travers les réseaux de télécommunication. Le communiqué évoque notamment « la taxe ad valorem sur les gains des joueurs des jeux de hasard, loteries, concours de pronostics ou paris et activités similaires, exploités par tous moyens, y compris par les voies de télécommunication et les technologies de l’information et de la communication ».

Derrière cette formulation administrative se trouve une réalité très simple : les paris effectués depuis un téléphone ou une plateforme Internet ne sont pas en dehors du contrôle de l’État. Les activités réalisées à travers les applications, les sites Internet ou les réseaux mobiles sont donc également concernées par les règles fiscales et réglementaires applicables au secteur.

Le ministère des Finances demande aux entreprises concernées de s’identifier auprès de ses services, d’obtenir les agréments ou autorisations nécessaires et de s’acquitter de leurs obligations auprès des services légalement habilités, et met également en garde les opérateurs qui s’appuieraient sur des documents délivrés par des services qui n’ont pas compétence pour autoriser.

« Tout agrément, toute autorisation, toute note de perception ou tout autre acte établi par une autorité ou un service dépourvu de compétence en la matière est sans effet juridique » et ne peut libérer l’opérateur de ses obligations envers le Trésor public.

La Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD) a, pour sa part, reçu instruction de veiller au respect de ces dispositions. Avec la généralisation des smartphones et de l’accès à Internet, les jeux d’argent sont devenus beaucoup plus faciles d’accès. Cette évolution offre aux opérateurs de nouvelles possibilités pour atteindre les joueurs, mais elle complique également le travail des autorités chargées de surveiller le secteur.

Une plateforme peut en effet toucher des utilisateurs dans plusieurs villes sans disposer du même réseau physique qu’une entreprise traditionnelle. Pour l’État, il devient donc essentiel de savoir qui exploite la plateforme, où sont enregistrées ses activités, comment les mises et les gains circulent et quelles recettes doivent être déclarées. Le ministère réaffirme sa « détermination à conduire la réforme du secteur des jeux d’argent et de hasard conformément aux orientations du Gouvernement ».

Jonas TSHIPADI | NUMERICO.CD

Share This Article
Leave a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *