À l’heure où l’intelligence artificielle bouleverse l’industrie technologique et où les smartphones se livrent une bataille sans merci sur le terrain de l’innovation, Apple sort le grand jeu. Le géant américain a dévoilé les iPhone 18 Pro et Pro Max, deux modèles qui inaugurent une puce gravée en 2 nanomètres et un appareil photo à ouverture variable. Une manière pour la firme à la pomme de repousser une nouvelle fois les limites de son téléphone vedette, sur fond de hausse des prix et de pénurie de composants.
Les projecteurs étaient braqués mercredi sur l’Apple Park. Pour cette première grande présentation sous la direction de John Ternus, la firme de Cupertino a levé le voile sur ses nouveaux modèles haut de gamme. Les iPhone 18 Pro et Pro Max sont proposés respectivement à 1.199 et 1.299 dollars US, soit environ 1.030 et 1.116 euros. C’est 100 dollars de plus que les modèles de la gamme iPhone 17 lors de leur lancement.
Apple n’a pas donné de raison précise à cette augmentation, qui intervient pour la première fois depuis le début de la pénurie de puces mémoire. Fin juin, le groupe avait déjà relevé les tarifs de ses Mac et iPad, mettant en avant la pénurie de composants liée à l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle. En juillet, il avait prévenu que les smartphones ne seraient pas épargnés.
Mais au-delà du prix, ce sont surtout les nouveautés techniques qui retiennent l’attention. Les iPhone 18 Pro inaugurent une puce gravée en 2 nanomètres, une technologie qui doit permettre d’améliorer les performances tout en renforçant l’efficacité énergétique de l’appareil.
L’appareil photo fait lui aussi un pas en avant. Apple introduit une ouverture variable, offrant davantage de possibilités pour adapter la prise de vue aux différentes conditions de lumière. Plus étonnant encore, chaque image pourra être signée directement au niveau du capteur afin de permettre d’en vérifier l’authenticité et de détecter d’éventuelles retouches.
Une innovation qui tombe à point nommé, à l’heure où les images générées ou transformées par l’intelligence artificielle brouillent de plus en plus la frontière entre le réel et le virtuel.
Siri AI se fait attendre en Europe
Sur le front de l’intelligence artificielle, Apple tente également de refaire son retard. Le nouvel assistant Siri AI, présenté en juin, sera proposé en version d’essai dès le 14 septembre en anglais. D’autres langues, dont le français, le coréen, le japonais, l’espagnol et le portugais, suivront en octobre.
Mais l’Europe devra encore patienter. Siri AI restera absent des iPhone, iPad et Apple Watch dans l’Union européenne au moment de son lancement. Apple et Bruxelles se livrent un bras de fer autour des règles européennes imposant notamment davantage d’ouverture aux assistants d’intelligence artificielle concurrents.
Apple invoque notamment la protection des données personnelles pour défendre sa position. Dans son discours introductif, John Ternus a d’ailleurs longuement insisté sur la confidentialité, dénonçant ceux qui considèrent les données comme « quelque chose à collecter et à stocker ».
Une nouvelle page pour Apple
Cette présentation marque également un changement de visage à la tête du groupe. Ingénieur maison, John Ternus a pris les commandes d’Apple le 1er septembre, mettant fin à quinze années de règne de Tim Cook.
Désormais président du conseil d’administration, ce dernier est resté en retrait mercredi à l’Apple Park. Il a salué les invités près de la scène sans monter sur celle-ci, a constaté un photographe de l’AFP.
Dans ce nouvel acte de l’histoire d’Apple, l’iPhone 18 Pro joue ainsi les premiers rôles. Entre puissance technologique, photographie plus sophistiquée et intelligence artificielle, la firme californienne entend garder une longueur d’avance, même si la hausse des prix et la pénurie de composants viennent quelque peu jouer les trouble-fête.
ÉZÉCHIEL MONTEIRO | NUMERICO.CD AVEC AFP
