Les chauffeurs de transports en commun et de véhicules avec chauffeur (VTC) de Kinshasa menacent de suspendre leurs activités les lundi 19 et mardi 20 octobre 2026. Parmi leurs principales revendications figurent les conditions de tarification des courses proposées par les plateformes numériques, jugées insuffisantes pour couvrir les charges d’exploitation des véhicules.
Dans un courrier adressé au gouverneur de Kinshasa, l’Alliance des Associations des Chauffeurs Professionnels de la RDC (AACP-RDC) et la Synergie des Associations des Chauffeurs réclament notamment l’ouverture d’un cadre de concertation avec les responsables des plateformes numériques de transport.
« La distance parcourue pour rejoindre le lieu de prise en charge des clients n’est pas toujours suffisamment valorisée », déplorent les associations. Elles dénoncent également les faibles tarifs de certaines courses de longue distance, les commissions prélevées par les plateformes et le temps perdu dans les embouteillages, qui réduisent les revenus des conducteurs.
Le modèle économique des applications en question
À Kinshasa, Yango propose un service de réservation de courses par smartphone. Le client indique son point de départ et sa destination, puis consulte le tarif proposé avant de confirmer sa demande. L’application permet également de suivre l’arrivée du chauffeur et de payer en espèces ou par carte bancaire, selon l’option choisie.
De leur côté, les conducteurs utilisent l’application Yango Pro pour recevoir les commandes et consulter leurs revenus. Ils peuvent travailler avec leur propre véhicule ou passer par un partenaire disposant d’une flotte automobile. La plateforme assure principalement la mise en relation entre les clients et les prestataires de transport, qui réalisent les courses.
Ce fonctionnement est au centre des préoccupations des associations de chauffeurs. Selon elles, les tarifs proposés ne tiennent pas toujours suffisamment compte de la distance parcourue avant la prise en charge du client, du temps d’attente, du carburant consommé et des commissions prélevées.
Elles demandent donc une révision des mécanismes de tarification afin de mieux prendre en considération les dépenses réellement supportées par les conducteurs.
Des revendications au-delà du numérique
Les chauffeurs réclament également la convocation urgente de la commission tarifaire pour examiner une hausse des prix du transport. Ils évoquent notamment l’augmentation de plus de 100 % du prix de certaines pièces de rechange, les frais d’entretien et les charges liées à l’exploitation des véhicules.
Ils demandent par ailleurs des éclaircissements sur la gestion des recettes de la taxe de stationnement, ainsi qu’un contrôle approfondi pour vérifier les montants collectés et leur éventuel reversement au Trésor public provincial.
Les associations dénoncent aussi le manque de parkings et d’espaces d’arrêt aménagés, ainsi que la persistance des embouteillages malgré les nouveaux plans de régulation routière. Elles souhaitent une meilleure coordination entre les autorités provinciales, les services de sécurité et les représentants des chauffeurs.
Faute de réponses concrètes, les conducteurs concernés sont appelés à garder leurs véhicules à domicile les 19 et 20 octobre. Ils sollicitent toutefois une rencontre urgente avec le gouverneur de Kinshasa afin de parvenir à des engagements susceptibles d’éviter cette interruption du transport urbain.
Ézéchiel MONTEIRO | NUMERICO.CD