Le Gouvernement congolais veut faire des investissements dans les infrastructures numériques un accélérateur de la transformation digitale de la République démocratique du Congo. C’est l’un des messages forts portés par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka lors du Vodacom Impact Forum 2026, tenu ce jeudi 8 octobre à Kinshasa autour du thème : « Investir durablement pour connecter la RDC de demain ».
Face aux importantes disparités de connectivité qui persistent entre les centres urbains et les zones rurales, l’exécutif mise sur une coopération accrue avec le secteur privé pour étendre les réseaux de télécommunication et rapprocher les services numériques des populations.
« Cette question rejoint pleinement la vision du Président de la République, celle d’une République démocratique du Congo numérisée à l’horizon 2030 », a déclaré Judith Suminwa.
Connecter les 145 territoires

Pour le Gouvernement, l’un des principaux défis de la transformation numérique reste l’extension de la connectivité à l’ensemble du territoire national. L’objectif affiché est notamment de parvenir à couvrir les 145 territoires de la RDC.
Le ministre des Postes et Télécommunications, José Panda, a rappelé que la réduction de la fracture numérique constitue une priorité de son secteur. Elle passe notamment par le développement des infrastructures, l’amélioration de la couverture réseau et un meilleur accès aux services numériques.
Au-delà de l’accès à Internet, l’enjeu est également économique. Une connectivité plus étendue doit faciliter l’accès aux services publics numériques, stimuler l’innovation et favoriser l’émergence de nouvelles activités liées à l’économie numérique.
La mutualisation des infrastructures comme accélérateur
Au cours du forum, la mutualisation des infrastructures s’est imposée comme l’une des pistes susceptibles d’accélérer le déploiement des réseaux et d’optimiser les investissements dans le secteur.
Pour les opérateurs, les pouvoirs publics et les autres acteurs de l’écosystème numérique, la mise en commun de certaines infrastructures pourrait contribuer à réduire les coûts de déploiement et à étendre plus rapidement la couverture vers les zones encore insuffisamment desservies.
Le directeur général de Vodacom Congo, Khalil Al Americani, a insisté sur la nécessité d’un dialogue permanent entre les différents acteurs.
« Les grandes transformations d’un pays ne se décrètent pas. Elles se construisent dans le dialogue, dans les partenariats et dans la confiance », a-t-il souligné.
Le défi de l’accessibilité

Avec plus de 100 millions d’habitants et un marché du mobile money particulièrement dynamique, la RDC représente un important potentiel pour l’économie numérique. Mais la taille du marché ne suffit pas : encore faut-il que les infrastructures et les services soient accessibles au plus grand nombre.
Le coût de l’accès à Internet, les disparités territoriales et le déficit d’infrastructures restent ainsi des obstacles à lever pour accélérer l’inclusion numérique.
À quatre ans de l’échéance de 2030, le Gouvernement veut donc davantage mobiliser les investissements privés et les partenariats public-privé pour faire de la connectivité un véritable levier de développement économique et social.
Blaise ABITA | NUMERICO.CD
