Vuk’Afrik : Christian Katende appelle à une meilleure appropriation du Code du numérique en RDC

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En République Démocratique du Congo, le Code numérique est désormais présenté comme un outil de structuration de l’écosystème digital et de favorisation de l’émergence de nouvelles activités économiques. Ce sujet a été au cœur des échanges lors de la première édition de la Foire de l’innovation et de l’entrepreneuriat « Vuk’Afrik », organisée du 23 au 25 septembre 2026 à Kinshasa.

Pour Christian Katende, président de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), l’enjeu est notamment de rendre le numérique plus accessible et de permettre aux innovations locales de contribuer davantage au développement du pays.

« Le code numérique est là pour vulgariser le plus possible le digital et permettre qu’il y ait plus la grande utilisation du digital. Nous en avons impérativement besoin pour notre développement social, économique, même politique. Car le code numérique est là depuis un certain temps, mais il fallait s’organiser pour trouver des solutions permettant à prendre en charge cette matière et accompagner ceux qui s’expriment dans le numérique », a-t-il déclaré.

Au-delà des télécommunications classiques, le régulateur entend également accompagner les entreprises et entrepreneurs qui développent des services numériques. Les services à valeur ajoutée constituent ainsi un nouveau terrain d’intervention, notamment pour les applications et plateformes destinées aux utilisateurs congolais.

« Quand on parle du digital, on est un peu plus à un cran supérieur et quand on voit justement toutes les problématiques qui sont liées au digital et qui sont encadrées par le code numérique, il était important de prendre aussi en charge de manière effective cette matière », a-t-il dit.

Selon Christian Katende, plusieurs mécanismes d’encadrement sont désormais opérationnels, notamment dans la certification électronique, la protection des données et les services numériques.

Accompagner les jeunes entrepreneurs

L’un des objectifs affichés consiste à éviter que les jeunes développeurs et porteurs de projets numériques restent seuls face aux contraintes réglementaires. L’ARPTC veut notamment les accompagner afin que leurs solutions puissent atteindre les utilisateurs auxquels elles sont destinées.

« Nous, nous les accompagnons le plus possible, de la même manière que nous accompagnons les opérateurs télécoms qui venaient et voulaient s’exprimer les uns dans l’Internet, les autres dans le GSM, les autres dans le satellite », a-t-il laissé entendre.

Cette démarche vise également à faire connaître aux entrepreneurs leurs droits, mais aussi les limites à respecter dans l’exercice de leurs activités numériques.

« Donc, pour l’ARPTC, c’est aujourd’hui un accès que nous donnons à ces différents entrepreneurs ou ces différents créateurs à, je dirais, l’encadrement qui a été institué visant d’une part à les protéger, d’une part à, je dirais, favoriser le développement de leurs activités et à leur faire voir aussi quelles sont les limites et quels sont les droits qui sont les leurs », a-t-il renchérit.

Des applications désormais mieux encadrées

Le développement rapide des applications numériques avait précédé la mise en place de ce cadre juridique. Pour l’ARPTC, le Code numérique doit justement permettre de passer d’un écosystème qui évoluait progressivement à un environnement davantage structuré.

« Maintenant grâce au code numérique aujourd’hui elles sont encadrées et elles sont accompagnées », a-t-il expliqué.

Cette évolution pourrait notamment contribuer à renforcer la confiance autour des services numériques congolais, en offrant aux créateurs un cadre pour développer leurs projets et aux utilisateurs davantage de garanties.

Faire du numérique un moteur économique

Pour Christian Katende, le développement d’une véritable économie numérique passe aussi par la capacité du pays à faire émerger et protéger ses propres innovations. Certaines applications développées localement pourraient, selon lui, atteindre une dimension internationale.

« Il faut le plus possible aider ceux qui s’expriment dans cette matière à développer leurs activités. Parce que toutes ces applications-là, certaines peuvent être des licornes, peuvent être des réussites. Mais il faut qu’elles soient protégées », a-t-il conclu.

Cette vision rejoint l’objectif affiché de la Foire « Vuk’Afrik », qui entend créer un espace de rencontre entre innovation, entrepreneuriat et transformation économique. Placée sous le thème « Innovation, entrepreneuriat et transformation économique : construire les nouvelles dynamiques de croissance africaines », la première édition de cette foire réunit plus de 3.000 participants à Kinshasa.

Organisée sous le haut patronage du Président de la République par la Congolese Computer Community (CCC), l’activité met l’accent sur la transformation des idées, entreprises et innovations congolaises en véritables leviers de croissance.

Jonas TSHIPADI | NUMERICO.CD

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