Le Ministre de l’Économie Numérique, Augustin Kibassa Maliba, a présidé, ce jeudi 18 juin 2026 à Kinshasa, une journée de sensibilisation des acteurs judiciaires au Code du numérique.
Dans un contexte où le numérique s’impose comme un espace central des interactions sociales, économiques et politiques, cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités congolaises de renforcer l’ancrage de l’État de droit dans le cyberespace. Au cœur de cette démarche, une instruction claire du Chef de l’État : faire des magistrats les principaux relais de la vulgarisation et de l’application du Code du numérique.
« En instruisant que la vulgarisation du Code du numérique cible expressément les magistrats, et plus largement les acteurs judiciaires, le Chef de l’État a relevé la nécessité d’une appropriation effective de cet instrument juridique par le pouvoir judiciaire », a rappelé le ministre.
Pour Augustin Kibassa, cette journée n’est pas une simple activité protocolaire, mais le fruit d’une coordination gouvernementale assumée.
« C’est grâce à cette coordination, qui transforme l’instruction en action et la parole en résultats, que cette journée est organisée par le Ministère de l’Économie numérique », a-t-il affirmé.
En outre , il met en avant une gouvernance orientée vers l’efficacité et l’impact concret.
Le ministre Kibassa a adressé un constat selon lequel malgré l’adoption, par l’Ordonnance-Loi n°23/010 du 13 mars 2023, d’un Code du numérique ambitieux, celui-ci demeure encore largement méconnu.
« La République Démocratique du Congo s’est dotée d’un Code du numérique qui constitue le socle de l’architecture juridique nationale du cyberespace. Or, malgré son caractère structurant et sa richesse, ce texte fondateur reste insuffisamment diffusé au sein de la société. Trop de nos concitoyens ignorent encore les droits qu’il leur reconnaît, les protections qu’il leur offre, ainsi que les limites qu’il pose à l’usage des outils numériques », a-t-il déploré.
Ce déficit de connaissance, a-t-il poursuivi, favorise la prolifération de comportements déviants en ligne. Désinformation, injures publiques, discours de haine et manipulations de l’opinion sont autant de dérives qui fragilisent la cohésion nationale et menacent l’ordre public. Face à cette réalité, le gouvernement entend agir avec méthode, tout en respectant les libertés fondamentales.
« La réponse que nous apportons porte un nom : la sensibilisation. Et permettez-moi de le dire avec clarté, la clé de cette réponse est entre les mains des acteurs judiciaires. Trop longtemps, l’on a cru que le numérique relevait uniquement des ingénieurs et des techniciens. Cette perception est aujourd’hui dépassée. Le numérique est aussi, et peut-être surtout, l’affaire des magistrats, car vous êtes les véritables garants des libertés dans le cyberespace. Sans le juge, la norme numérique reste lettre morte ; avec lui, elle devient un bouclier pour les citoyens et un rempart pour l’État de droit », a insisté Augustin Kibassa.
Au-delà de Kinshasa,.le ministre a annoncé le lancement d’un programme national de vulgarisation appelé à s’étendre sur toute l’étendue du territoire.
« Cette journée n’est pas une fin, elle est un commencement. C’est le premier pas d’une longue marche ; la première pierre d’un édifice que nous bâtirons ensemble, juridiction après juridiction, province après province. Ce que nous allumons aujourd’hui à Kinshasa est une flamme appelée à se propager jusqu’au dernier tribunal de la République », a-t-il déclaré avec solennité.
Le succès de cette démarche repose également sur la mobilisation des expertises nationales. Le ministre a salué l’implication du Think Tank Law and Technologies, partenaire technique de l’initiative.
« C’est la preuve que les compétences nationales, lorsqu’elles sont valorisées et mises en confiance, peuvent contribuer efficacement à la construction de solutions concrètes pour le développement de notre pays », a-t-il souligné.
Réaffirmant son engagement, le Ministère de l’Économie numérique se positionne comme un partenaire du pouvoir judiciaire.
« Dans le respect de son indépendance, nous resterons disponibles pour apporter les éclairages techniques nécessaires à une meilleure compréhension des enjeux numériques et à une application cohérente du Code du numérique », a assuré Augustin Kibassa.
Ézéchiel MONTEIRO | NUMERICO.CD
