Dans la ville de Zongo située dans la province du Sud-Ubangi au Nord-Est de la RDC, à la frontière avec le Bangui – capitale de la République Centrafricaine – avoir accès à un réseau mobile stable relève d’un exploit technologique en plein 21è siècle. Le trio Vodacom, Airtel et Orange ont adopté un mode de couverture rappelant la déplorable desserte en électricité reconnue à la SNEL dans la plupart de coins du pays. Coupures intempestives, les abonnés voient leurs activités paralysées.
Des services payés mais non rendus
D’après une dépêche de Legon News, « Depuis plusieurs années, les abonnés dénoncent des appels fréquemment interrompus, une connexion internet instable et l’impossibilité d’utiliser normalement les forfaits d’appels et de données pourtant régulièrement achetés », témoignent les habitants. Cette dégradation « occasionne d’importantes pertes financières pour les consommateurs », qui paient des mégas et des minutes qu’ils ne peuvent malheureusement pas consommer.
Le problème n’est pas uniforme. Il est géographique. « Dans certains quartiers de la ville, notamment sur l’avenue Mbala, derrière la mission catholique, au flanc de la colline qui surplombe Zongo, les habitants affirment ne bénéficier d’aucune couverture réseau fiable ». Pour passer un simple appel, « ils sont souvent contraints de se déplacer vers des zones mieux desservies ».
Et donc, la situation devient critique le long de la rivière Ubangui. « Dans plusieurs endroits situés le long du fleuve, aucune couverture téléphonique n’est disponible. Cette absence totale de réseau constitue un réel danger pour les populations riveraines qui, en cas d’urgence, d’accident (noyade), de maladie ou d’incident sécuritaire, ne peuvent entrer rapidement en contact avec les services compétents ou leurs proches ».
Impact sur le développement

À l’heure où le numérique est un moteur de croissance, « cette précarité du réseau freine les activités commerciales, administratives et éducatives de la ville ». Les élèves ne peuvent suivre les cours en ligne, les commerçants ratent des commandes, et les services de l’État peinent à fonctionner.
Face à cette impasse, « de nombreux habitants se tournent vers les réseaux de Bangui, capitale de la République Centrafricaine voisine. Grâce à la proximité géographique, les signaux de Telecel, Orange RCA et Moov sont souvent captés dans plusieurs secteurs de Zongo, offrant parfois une meilleure qualité de service que les réseaux nationaux ».
Un paradoxe amer pour les opérateurs congolais.
Cette situation lève le voile sur une toute autre réalité qu’il convient d’alerter : le manque à gagner présent et futur que cela promet de représenter pour les opérateurs de télécommunication opérant sur le sol congolais.
Appel aux autorités et aux opérateurs
Avec plus de 100 milles habitants, la population de Zongo attend dans l’immédiat une solution à leur problème. Dans un cri de détresse collectif lancé le dimanche 14 juin dernier, elle lance un appel aux sociétés de télécommunication ainsi qu’aux autorités compétentes notamment l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications au Congo (ARPTC) afin d’assurer par un arbitrage conséquent, les droits des abonnés.
« Une communication fiable n’est plus un luxe, mais une nécessité vitale pour la sécurité, le développement et l’intégration de ses habitants », a déclaré Mr Ambroise Matimbi, agent de la fonction publique dans la région.
Alors que la RDC mise sur la digitalisation et la stabilité de connectivité, Zongo rappelle que sans réseau, il n’y a ni économie numérique, ni sécurité, ni éducation moderne. Les abonnés attendent des actes.
Blaise ABITA | NUMERICO.CD
