Le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, a officiellement lancé, mercredi 1er juillet 2026 à Kinshasa, le Groupe Inter-bailleurs du Digital (GID), une plateforme permanente destinée à renforcer la coordination entre les partenaires techniques et financiers investissant dans la transformation numérique du pays.
Organisée au Pullman Hôtel, la cérémonie a rassemblé des représentants des institutions publiques, des bailleurs de fonds, du secteur privé ainsi que plusieurs acteurs de l’écosystème numérique congolais. L’objectif affiché est de favoriser une meilleure synergie entre les différents projets et d’assurer une utilisation plus efficace des ressources mobilisées.

Prenant la parole à cette occasion, Augustin Kibassa Maliba a présenté cette nouvelle structure comme un mécanisme de gouvernance conçu pour fédérer les initiatives existantes autour des priorités nationales. « Le GID n’est pas un cadre institutionnel de plus. Il fédère et rationalise, autour d’une même table, les espaces de dialogue existants. Il est, avant tout, un instrument stratégique au service du leadership de l’État », a-t-il déclaré.
Le ministre Kibassa a également rappelé que le numérique constitue aujourd’hui un levier essentiel pour stimuler la croissance économique, moderniser l’administration publique, créer des emplois et favoriser une meilleure inclusion sociale. Cette dynamique s’inscrit dans la vision « DRC Digital Nation 2030 », portée par le Président , Félix Tshisekedi, et mise en œuvre par le Gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
Revenant sur les réformes déjà engagées, Augustin Kibassa a souligné que l’adoption du Code du Numérique en 2023 a permis à la RDC de disposer d’un cadre juridique destiné à accompagner le développement des infrastructures numériques, des services digitaux, de la cybersécurité ainsi que de la protection des données personnelles.
Pour concrétiser cette ambition, le ministre a estimé les besoins de financement à au moins un milliard de dollars américains. Il a salué, dans ce contexte, l’appui des partenaires internationaux, notamment l’accord conclu avec la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD), qui mobilise une enveloppe globale de 510 millions de dollars américains, composée de 400 millions de dollars apportés par la Banque mondiale et de 100 millions d’euros de l’AFD.
Selon lui, la création du Groupe Inter-bailleurs du Digital répond à la nécessité d’éviter une dispersion des initiatives susceptibles de limiter l’impact des investissements. Le nouveau mécanisme aura pour mission de veiller à une meilleure harmonisation des projets avec les orientations stratégiques définies par le Gouvernement.
Concrètement, le GID réunira les administrations publiques, les partenaires techniques et financiers, les entreprises privées ainsi que les autres parties prenantes du secteur. Son fonctionnement reposera sur un secrétariat technique installé au ministère de l’Économie numérique et sur plusieurs groupes de travail consacrés notamment aux infrastructures numériques, à la cybersécurité, à l’administration électronique, au développement des compétences numériques, à l’innovation et au financement des startups.
Le ministre est également revenu sur plusieurs défis qui freinent encore le développement du numérique en RDC, parmi lesquels le faible accès aux smartphones, les inégalités de couverture internet, le manque de compétences numériques et les difficultés d’accès à l’électricité dans plusieurs provinces.

Malgré ces contraintes, Augustin Kibassa considère qu’elles représentent également des opportunités pour les investisseurs et les innovateurs. Il a notamment indiqué que les réformes en cours pourraient permettre à près de dix millions de Congolais d’accéder à l’internet mobile au cours des prochaines années.
Il a également mis en avant le déploiement du RDC-Pass, présenté comme un identifiant numérique unique destiné à sécuriser l’accès aux services publics numériques, tout en rappelant qu’il ne remplace pas un document officiel d’identité.
Le ministre a par ailleurs invité les partenaires techniques et financiers, les investisseurs, les entreprises, les universités, les startups ainsi que les organisations de la société civile à rejoindre cette plateforme de coordination afin d’accélérer la transformation numérique de la RDC. « En unissant nos efforts, en coordonnant nos interventions et en partageant nos expertises, nous bâtirons un écosystème numérique performant, inclusif et durable, au bénéfice de toute notre population », a-t-il conclu.
Jonas TSHIPADI | NUMERICO.CD
