La transformation numérique d’une nation ne se mesure pas uniquement au nombre d’applications lancées, de câbles déployés ou de discours prononcés. Elle s’évalue principalement à la capacité des dirigeants à construire une vision, à moderniser le cadre juridique, à mobiliser des financements, à mettre en place des institutions durables et à inscrire le numérique au cœur des politiques publiques.
À l’aune de ces critères, le parcours d’Augustin KIBASSA MALIBA depuis 2019 mérite une attention particulière.
Ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (PT-NTIC), ensuite Ministre des Postes, Télécommunications et Numérique (PTN), avant de prendre la tête du nouveau ministère de l’Économie Numérique en août 2025, Augustin KIBASSA MALIBA incarne une continuité institutionnelle devenue rare dans la conduite des politiques publiques en République Démocratique du Congo.
Au-delà des appréciations politiques, les faits permettent de constater qu’il a été, durant plusieurs années, l’un des principaux artisans de la structuration progressive de l’écosystème numérique congolais.
2019 : inscrire le numérique parmi les priorités nationales
Lorsqu’il prend la direction du ministère chargé des Postes, des Télécommunications et des NTIC en 2019, la République Démocratique du Congo dispose d’un potentiel numérique considérable, mais demeure confrontée à plusieurs faiblesses structurelles : insuffisance des infrastructures à haut débit, coût élevé de la connectivité, faible couverture des zones rurales, fragmentation institutionnelle, obsolescence du cadre légal et faible disponibilité des services publics numériques.
Le Plan National du Numérique « Horizon 2025 », validé en septembre 2019 sous l’impulsion du Président de la République, Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, devient alors le référentiel stratégique de l’action gouvernementale.
Augustin KIBASSA MALIBA s’attelle à porter cette vision au niveau institutionnel et international, en défendant l’ambition de faire de la position géographique de la RDC — au cœur de neuf pays voisins — un avantage stratégique pour construire un hub régional de connectivité.
Cette orientation a permis de faire progressivement évoluer la perception du numérique. Celui-ci n’est plus seulement considéré comme un secteur technique réservé aux opérateurs de télécommunications, mais comme un levier transversal de croissance, de modernisation administrative, d’inclusion sociale, de transparence publique et de compétitivité économique.
2020-2021 : moderniser le cadre des télécommunications et préparer les infrastructures
L’un des acquis majeurs de cette période demeure l’adoption de la Loi n°20/017 du 25 novembre 2020 relative aux télécommunications et aux technologies de l’information et de la communication.
Cette réforme était nécessaire. Pendant près de deux décennies, le secteur fonctionnait sur la base d’une législation devenue largement inadaptée aux mutations technologiques, à l’essor de l’internet mobile, au développement des services numériques et aux nouveaux impératifs de sécurité.
La nouvelle loi a posé les fondements d’une régulation modernisée du secteur, en intégrant notamment les évolutions technologiques, les nouvelles catégories de services, la concurrence, la protection des utilisateurs et les mécanismes liés au service universel.
Sous le leadership d’Augustin KIBASSA MALIBA, des travaux ont ensuite été engagés pour élaborer et valider les mesures d’application nécessaires à l’effectivité de cette réforme.
Dans le domaine des infrastructures, son ministère a également engagé des discussions avec plusieurs investisseurs et partenaires techniques. Le projet de construction d’un réseau national de quelque 16 000 kilomètres de fibre optique, préparé avec la société égyptienne Benya Capital, traduisait déjà la volonté de doter le pays d’une dorsale numérique capable de relier les principales villes et zones économiques.
Même si tous les projets annoncés au cours de cette période n’ont pas encore atteint leur plein niveau d’exécution, ils ont contribué à replacer la question des infrastructures numériques nationales au centre de l’agenda gouvernemental.
Le soutien apporté au déploiement de nouveaux réseaux terrestres de fibre optique par des opérateurs privés et l’appel à une meilleure collaboration entre la Société Congolaise des Postes et Télécommunications et la Société Congolaise de Fibre Optique ont également participé à cette dynamique.
Le dossier RAM : une réforme controversée devenue une leçon de gouvernanceUne analyse responsable du bilan d’un dirigeant public ne peut occulter les difficultés rencontrées.
La mise en place du Registre des Appareils Mobiles, communément appelé RAM, visait initialement à identifier les équipements mobiles, à lutter contre les appareils contrefaits, à combattre le vol de téléphones et à renforcer la sécurité des réseaux.
Cependant, son mécanisme de financement par prélèvement direct sur les unités des abonnés a provoqué une forte contestation sociale, politique et institutionnelle. Le Gouvernement a finalement décidé de mettre fin à ces prélèvements à compter du 1er mars 2022.
Cet épisode rappelle qu’une innovation techniquement justifiable doit également reposer sur un modèle économique accepté, transparent, proportionné et respectueux du pouvoir d’achat des citoyens.
Le leadership public ne consiste pas uniquement à lancer des initiatives. Il implique également la capacité de réévaluer une mesure, d’écouter les préoccupations de la population et de participer à la correction des mécanismes qui n’ont pas produit l’adhésion attendue.
2022-2023 : bâtir les institutions fondamentales du numérique
La création du Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications et des Technologies de l’Information et de la Communication (FDSU) constitue une autre avancée structurante.
Institué par le Décret n°22/51 du 30 décembre 2022, le FDSU a pour vocation de contribuer à la réduction de la fracture numérique, notamment en favorisant l’accès aux télécommunications et aux services numériques dans les zones rurales, périurbaines, enclavées ou insuffisamment desservies par les mécanismes classiques du marché.
En portant ce projet devant le Gouvernement et en accompagnant sa mise en place, Augustin KIBASSA MALIBA a contribué à doter la RDC d’un instrument essentiel d’inclusion numérique.
La même période a été marquée par les travaux de modernisation de l’autorité de régulation du secteur. En février 2023, le ministre a soumis au Conseil des ministres le projet de décret relatif à la création, à la composition et au fonctionnement de l’Autorité de Régulation des Postes, des Télécommunications et des Technologies de l’Information et de la Communication.
Mais l’acte le plus déterminant demeure sans doute l’adoption de l’Ordonnance-Loi n°23/010 du 13 mars 2023 portant Code du numérique en République Démocratique du Congo.
Ce texte constitue une véritable infrastructure juridique pour la transformation digitale du pays. Il encadre notamment les activités et services numériques, les transactions électroniques, les données, la cybersécurité, les plateformes, la confiance numérique ainsi que plusieurs responsabilités applicables aux acteurs de l’écosystème.
En apportant une réponse à des années de vide ou de dispersion réglementaire, le Code du numérique a renforcé la sécurité juridique indispensable au développement des investissements, de l’administration électronique et des services numériques.
Le défi reste désormais l’opérationnalisation effective des institutions prévues par ce Code, l’adoption de ses différentes mesures d’application et son appropriation par les administrations, les entreprises, les magistrats, les avocats et les citoyens.
2024 : mobiliser des financements historiques pour la transformation numérique
L’année 2024 marque un tournant majeur avec l’approbation du Projet de Transformation Numérique de la République Démocratique du Congo dans le cadre du programme régional IDEA.
Ce projet bénéficie d’un crédit de 400 millions de dollars américains de l’Association internationale de développement, auquel s’ajoute un cofinancement annoncé de 100 millions d’euros de l’Agence française de développement.
Il vise notamment l’extension de la connectivité à haut débit, l’amélioration de l’accès inclusif à l’internet, le développement des infrastructures publiques numériques, le renforcement des compétences, la promotion de l’innovation et l’amélioration des capacités institutionnelles de l’État.
La mobilisation d’un financement d’une telle ampleur confirme la crédibilité progressivement acquise par l’agenda numérique congolais auprès des partenaires internationaux.
Elle démontre également que le plaidoyer conduit par le ministère dirigé par Augustin KIBASSA MALIBA a permis de dépasser la logique des projets isolés pour engager la RDC dans un programme structurant, susceptible de mobiliser également des investissements privés.
2025 : identité numérique, intelligence artificielle et inclusion des jeunes
En 2025, plusieurs initiatives ont illustré l’élargissement de l’agenda numérique congolais.
Le ministère a accompagné les travaux relatifs au projet de Système national d’identification numérique. Une identité numérique fiable constitue en effet la porte d’entrée vers de nombreux services publics : protection sociale, santé, éducation, fiscalité, services financiers, justice, création d’entreprise et démarches administratives dématérialisées.
Dans un pays où une partie importante de la population demeure insuffisamment couverte par les systèmes traditionnels d’identification, cette réforme peut devenir un puissant outil d’inclusion, à condition de garantir la sécurité, la souveraineté, l’interopérabilité et la protection des données personnelles.
La RDC a également validé, avec l’appui de l’UNESCO, son rapport national sur l’état de préparation à l’intelligence artificielle. Cette démarche contribue à identifier les capacités existantes, les lacunes réglementaires, les besoins en compétences et les conditions d’une intelligence artificielle éthique, inclusive et adaptée aux réalités nationales.
L’attention accordée aux jeunes s’est aussi traduite par le soutien aux forums sur la gouvernance de l’internet, aux initiatives de développement des compétences numériques et aux cadres de dialogue entre pouvoirs publics, secteur privé, société civile, universités et communautés techniques.
Un nouveau ministère pour franchir le cap de l’économie numériqueLa nomination d’Augustin KIBASSA MALIBA, en août 2025, à la tête du ministère de l’Économie Numérique constitue l’aboutissement d’une évolution institutionnelle importante.
La création d’un ministère spécifiquement consacré à l’économie numérique traduit la reconnaissance du numérique comme un secteur économique à part entière, distinct des seules infrastructures de télécommunications.
Cette nouvelle configuration permet de concentrer l’action gouvernementale sur la transformation digitale des services publics, les plateformes numériques, l’innovation, les données, l’intelligence artificielle, la cybersécurité, l’entrepreneuriat technologique et la souveraineté numérique.
En octobre 2025, Augustin KIBASSA MALIBA a lancé les travaux de rédaction du Plan National du Numérique 2026-2030 ainsi que ceux de la première Stratégie Nationale de l’Intelligence Artificielle de la RDC.
Le futur plan est structuré autour de quatre piliers : les infrastructures et la connectivité ; les plateformes et services publics numériques ; le capital humain et l’inclusion numérique ; la cybersécurité et la confiance numérique.
Ces piliers sont complétés par des axes transversaux relatifs à l’entrepreneuriat, à l’innovation, à l’intelligence artificielle, à la souveraineté numérique et aux partenariats stratégiques.Une enveloppe prospective de près de 1,5 milliard de dollars a été annoncée pour soutenir cette nouvelle phase, comprenant environ un milliard de dollars de ressources publiques envisagées entre 2026 et 2030 et plus de 500 millions de dollars d’appuis extérieurs annoncés ou déjà mobilisés auprès des partenaires.
Il conviendra naturellement de traduire ces projections en engagements budgétaires effectifs, en programmes exécutés et en résultats vérifiables pour les citoyens.
2026 : faire du droit numérique une réalité vécue
En 2026, l’action du ministère de l’Économie Numérique s’est notamment orientée vers la vulgarisation et l’appropriation du Code du numérique.
L’ouverture, en juin 2026, d’un programme de sensibilisation destiné aux acteurs judiciaires constitue une démarche pertinente. Un texte juridique, aussi moderne soit-il, ne produit aucun effet s’il n’est pas compris, appliqué et interprété par les institutions compétentes.
La formation des magistrats, avocats, officiers de police judiciaire, administrations publiques et responsables d’entreprises est indispensable pour assurer la protection des droits dans le cyberespace, lutter contre la cybercriminalité et renforcer la confiance dans les transactions numériques.
Le ministre poursuit parallèlement son plaidoyer en faveur des investissements internationaux, de l’innovation locale et du développement d’infrastructures souveraines capables d’accompagner l’ambition de faire de la RDC une puissance numérique régionale.
Pourquoi parler de “Champion de la révolution numérique” ? Qualifier Augustin KIBASSA MALIBA de « Champion de la révolution numérique » ne signifie pas que tous les défis ont été résolus.
La fracture numérique demeure profonde. La qualité et le coût de l’internet restent préoccupants pour de nombreux ménages. Plusieurs territoires ne bénéficient toujours pas d’une couverture suffisante. Les institutions prévues par le Code du numérique doivent être pleinement opérationnalisées. La cybersécurité nationale, la protection des données et l’interopérabilité des services publics nécessitent encore des investissements considérables.
Le bilan du Plan National du Numérique « Horizon 2025 » a lui-même révélé un niveau d’exécution partiel, estimé à environ 58 à 60 %. Cela démontre qu’il existe encore un écart important entre la vision, la planification, le financement et la mise en œuvre.
Mais un champion n’est pas celui qui prétend avoir achevé la course alors que le chantier reste immense. C’est celui qui maintient le cap, construit les fondations, mobilise les équipes, attire les partenaires et prépare les étapes suivantes.
De 2019 à 2026, Augustin KIBASSA MALIBA aura contribué à faire progresser la RDC d’un environnement numérique faiblement structuré vers un écosystème disposant désormais d’un plan stratégique, d’une nouvelle loi sur les télécommunications, d’un Code du numérique, d’un Fonds de développement du service universel, d’importants financements internationaux et d’une feuille de route consacrée à l’intelligence artificielle.Transformer désormais les fondations en résultats concretsLa prochaine étape doit être celle de l’exécution et de l’impact.
La réussite du Plan National du Numérique 2026-2030 dépendra de la capacité du Gouvernement à instaurer une gouvernance interministérielle efficace, à établir des indicateurs de performance mesurables, à sécuriser les financements et à associer durablement le secteur privé, les universités, les startups et la société civile.
Le FDSU devra accélérer les investissements dans les zones rurales et enclavées. Les institutions prévues par le Code du numérique devront être pleinement opérationnelles. La protection des données, l’identité numérique et les infrastructures publiques numériques devront reposer sur des architectures sécurisées et souveraines.
La jeunesse congolaise devra être placée au centre de cette révolution à travers la formation, la certification professionnelle, la recherche, l’incubation, l’accès au financement et la création d’emplois numériques.
Enfin, chaque projet devra être évalué non par la valeur des annonces, mais par son impact réel sur la vie quotidienne : réduction du coût de la connectivité, accès aux services publics, création d’emplois, amélioration de la transparence, sécurisation des transactions et inclusion des populations marginalisées.
ConclusionL’histoire retiendra que, sous la vision du Président de la République Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, Augustin KIBASSA MALIBA aura été l’un des visages les plus constants de la construction de la politique numérique congolaise entre 2019 et 2026.Par la modernisation du cadre légal, la création de nouveaux instruments institutionnels, la mobilisation de financements, la promotion des infrastructures, le développement de l’identité numérique et l’ouverture du pays à l’intelligence artificielle, il a contribué à poser les bases d’une nouvelle économie.
La révolution numérique congolaise n’est pas encore achevée. Elle entre plutôt dans une phase décisive, celle où les stratégies doivent devenir des services accessibles, où les investissements doivent produire des résultats et où chaque Congolais, quel que soit son lieu de résidence, doit pouvoir bénéficier des opportunités du numérique.
C’est à cette condition que la République Démocratique du Congo pourra transformer son potentiel démographique, géographique et économique en véritable puissance numérique africaine.
Et c’est dans cette continuité qu’Augustin KIBASSA MALIBA mérite d’être reconnu comme l’un des principaux architectes — et assurément l’un des champions — de la révolution numérique en République Démocratique du Congo.
