La chanteuse gospel Eunice Manyanga dénonce les insultes et les moqueries dont elle affirme être victime sur les réseaux sociaux depuis plusieurs mois. Dans un direct diffusé le 16 octobre 2026 et largement relayé sur Internet, l’artiste a appelé les internautes à mettre fin aux attaques visant notamment son apparence physique.
« Depuis janvier 2026, j’ai subi des harcèlements sur Internet. Les insultes chaque jour, matin, midi, soir », a déclaré Eunice Manyanga dans cette vidéo devenue virale.
Visiblement affectée par ces attaques répétées, la chanteuse est également revenue sur des événements qu’elle estime liés aux agressions dont elle affirme être victime. L’artiste a aussi fait état de propos blessants tenus à son encontre après le décès de sa mère biologique, ainsi que d’épisodes d’empoisonnement qu’elle évoque dans son témoignage.
Au-delà de ce cas particulier, cette dénonciation soulève la question du cyberharcèlement et de ses conséquences sur les personnes ciblées.
Elle met également en évidence la nécessité de mieux faire connaître les dispositions légales qui encadrent les comportements sur les plateformes numériques en RDC.
Cyberharcèlement : que prévoit le Code du numérique en RDC ?
Adoptée le 13 mars 2023, l’ordonnance-loi n° 23/010 portant Code du numérique établit un cadre juridique applicable à plusieurs comportements commis au moyen des technologies de l’information et de la communication.
L’article 359 prévoit des sanctions contre le harcèlement commis au moyen d’un système informatique ou d’un réseau de communication électronique, lorsque son auteur savait ou aurait dû savoir que son comportement porterait gravement atteinte à la tranquillité de la victime.
La disposition prévoit une peine de servitude pénale d’un mois à deux ans et une amende de 500 000 à 10 millions de francs congolais (CDF), ou l’une de ces peines seulement.
L’article 358 prévoit également des sanctions pour certaines formes de harcèlement électronique, selon les conditions définies par cette disposition. De son côté, l’article 360 réprime la diffusion ou le relais de fausses informations visant une personne par l’intermédiaire des réseaux sociaux ou d’autres supports électroniques, dans les conditions prévues par la loi.
Ces dispositions rappellent que les plateformes numériques ne constituent pas des espaces de non-droit. Toutefois, l’application de ces textes dépend de la nature des faits, de leur contexte et des éléments de preuve disponibles.
Liberté d’expression : une limite face aux attaques personnelles
Les réseaux sociaux offrent aux artistes et aux personnalités publiques la possibilité de communiquer directement avec leur public. Cette liberté d’expression ne saurait cependant être assimilée à un droit d’humilier, d’intimider ou de harceler autrui.
Les moqueries répétées sur le poids ou l’apparence physique peuvent participer à des comportements de harcèlement en ligne. Leur qualification juridique doit néanmoins être appréciée au regard des circonstances et des critères prévus par la législation en vigueur.
Dans ce contexte, l’affaire Eunice Manyanga constitue une occasion de sensibiliser les internautes à leur responsabilité dans la publication, le partage et la diffusion de contenus visant d’autres personnes.
Critiquer une prestation artistique ou exprimer un désaccord ne justifie pas nécessairement les attaques personnelles répétées. Chaque utilisateur des réseaux sociaux est appelé à faire preuve de discernement et à respecter les droits et la dignité d’autrui.
À l’heure où les contenus viraux se propagent en quelques minutes, la vulgarisation du Code du numérique apparaît comme un enjeu important pour encourager des comportements responsables en ligne et permettre à la population de mieux connaître les conséquences juridiques de certains abus.
Blaise ABITA | NUMERICO.CD