La République démocratique du Congo poursuit la structuration de sa gouvernance numérique. Ce Jeudi 12 mars 20256 à Kinshasa, le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, a officiellement lancé le Réseau des Data Protection Officers (DPO), une initiative destinée à renforcer les capacités des professionnels et à promouvoir les bonnes pratiques en matière de protection des données personnelles.
Cette initiative marque une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la politique nationale de transformation numérique. À travers ce réseau, les autorités entendent structurer un cadre professionnel capable d’accompagner les institutions publiques et privées dans la gestion responsable des données.

Dans son allocution, le ministre a salué « une démarche qui contribue à faire émerger une véritable culture de la protection des données en République démocratique du Congo ». Il a notamment félicité les organisations à l’origine du projet, RUDI International et Droit‑Numérique.cd, pour leur engagement en faveur de la promotion des droits numériques.
Selon lui, l’économie mondiale connaît aujourd’hui une transformation profonde portée par le numérique, dans laquelle la donnée est devenue une ressource stratégique. Elle constitue désormais un levier essentiel pour l’innovation, la gouvernance publique et le développement économique. Cependant, cette importance croissante des données s’accompagne également d’une responsabilité accrue.
« Derrière chaque donnée se trouve une personne et derrière chaque personne se trouvent des droits fondamentaux tels que la vie privée, la dignité et la sécurité », a souligné le ministre, insistant sur la nécessité de placer la protection des citoyens au cœur de la transformation numérique.
Pour répondre à ces enjeux, la République démocratique du Congo s’est dotée d’un cadre juridique dédié à la régulation du numérique. En mars 2023, le pays a adopté l’Ordonnance-Loi n°23/010 portant Code du numérique, un texte qui consacre notamment la protection des données à caractère personnel et fixe les principes devant encadrer leur traitement.
Ce cadre repose sur plusieurs règles fondamentales, parmi lesquelles la licéité du traitement des données, la transparence dans l’utilisation des informations personnelles, la minimisation des données collectées ainsi que la sécurité et la confidentialité des systèmes d’information.
Dans ce dispositif, les Data Protection Officers occupent une place stratégique. Leur mission consiste à veiller au respect des règles de protection des données, à sécuriser les systèmes d’information et à garantir les droits des citoyens sur leurs informations personnelles.
Pour les autorités congolaises, le renforcement des compétences dans ce domaine constitue un enjeu majeur. Le ministre de l’Économie numérique a rappelé qu’une législation, aussi solide soit-elle, ne peut produire d’effets concrets sans professionnels qualifiés pour en assurer l’application.
« Une bonne loi ne produit ses effets que lorsqu’elle est portée par des compétences solides et des pratiques professionnelles responsables », a-t-il affirmé, estimant que la formation des responsables de traitement des données représente une priorité dans un environnement numérique en constante évolution.

Au-delà des institutions et des entreprises, la protection des données concerne également les citoyens. Dans un monde de plus en plus connecté, chacun devrait être conscient de la valeur de ses informations personnelles et des risques liés à leur exposition sur Internet.
Le gouvernement, à travers le ministère de l’Économie numérique, a ainsi réaffirmé son soutien aux initiatives visant à structurer l’écosystème national de la protection des données.
La création d’un réseau de professionnels engagés dans ce domaine devrait permettre d’améliorer la conformité des institutions publiques et privées et de favoriser l’émergence d’une véritable culture de gouvernance des données.
Cette initiative s’inscrit également dans la dynamique de la Stratégie nationale de gouvernance des données et dans la perspective de la mise en place d’une autorité de protection des données.

Cette institution aura pour mission de veiller au respect des règles en matière de protection des données personnelles en RDC.
Par ailleurs, cette démarche s’inscrit dans les engagements internationaux du pays, notamment à travers la Convention de Malabo sur la cybersécurité et la protection des données, qui vise à renforcer la sécurité numérique et la protection des données à l’échelle du continent Africain.
Pour le gouvernement congolais, la qualité du cadre de gouvernance des données constitue désormais un facteur clé d’attractivité économique. Un environnement numérique fondé sur la confiance, la sécurité juridique et la protection des données est indispensable pour attirer les investissements, stimuler l’innovation et favoriser l’essor d’une économie de la donnée.
Avec le lancement du Réseau des Data Protection Officers, la RDC franchit ainsi une étape importante dans la construction d’un espace numérique plus sûr et plus responsable. Cette initiative témoigne de la volonté des autorités et des acteurs du secteur de bâtir un environnement numérique respectueux des droits fondamentaux et adapté aux exigences de l’économie numérique moderne.
Blaise ABITA | NUMERICO.CD
