Un atelier de formation de cinq jours consacré à l’utilisation d’un outil technologique d’analyse des données qualitatives dans la réponse aux épidémies a été ouvert ce lundi 9 mars 2026 à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. Cette session de renforcement des capacités s’adresse aux acteurs de la santé publique, impliqués dans la riposte aux urgences sanitaires afin d’améliorer l’analyse et l’exploitation des informations issues des communautés de proximité.
Organisée dans un contexte marqué par la multiplication des urgences sanitaires et la circulation rapide d’informations, cette formation vise à doter les participants de compétences pratiques dans l’utilisation d’outils modernes d’encodage, d’analyse et d’interprétation des données qualitatives. Parmi ces outils figure le système numérique DHIS2 (District Health Information Software 2), une plateforme largement utilisée dans plusieurs pays pour la gestion et l’analyse des données de santé.

Les données qualitatives, souvent recueillies auprès des communautés, jouent un rôle crucial pour comprendre les perceptions, les rumeurs et les préoccupations de la population lors d’une crise sanitaire. L’intégration de solutions technologiques comme DHIS2 permet ainsi de structurer ces informations et de les transformer en indicateurs utiles pour la prise de décision.
Au-delà de la formation technique, cette initiative met également en lumière l’importance croissante de la technologie dans le secteur de la santé publique en République démocratique du Congo.
D’après l’Agence congolaise de presse (ACP), l’atelier intervient dans un contexte où les autorités sanitaires sont confrontées à un phénomène grandissant d’infodémie, caractérisé par la propagation rapide d’informations parfois erronées susceptibles d’entraver les efforts de riposte. La maîtrise d’outils performants d’analyse des données communautaires apparaît ainsi comme un levier stratégique pour améliorer la prise de décision et adapter les interventions sur le terrain.
« Face aux défis croissants liés à l’infodémie, aux rumeurs et à la circulation rapide d’informations parfois erronées, il devient indispensable de renforcer les capacités des acteurs impliqués dans l’analyse et la gestion des données communautaires. La maîtrise des outils d’encodage, d’analyse et d’interprétation des données qualitatives constitue aujourd’hui un levier important pour améliorer la prise de décision et orienter efficacement les stratégies de communication et d’engagement communautaire », a déclaré le docteur Christian Ngandu, coordonnateur du Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP), représentant du directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP).
Au cours de ces cinq jours, les participants auront l’occasion de se familiariser avec les méthodes d’encodage et d’analyse des informations qualitatives collectées auprès des populations grâce à la plateforme DHIS2. Cet outil offre plusieurs fonctionnalités importantes, notamment la collecte numérique des données, la centralisation des informations provenant de différentes zones de santé, l’analyse statistique et la production automatique de tableaux de bord et de graphiques.
Grâce à ses capacités d’analyse avancées, DHIS2 permet également de suivre l’évolution des épidémies en temps réel, d’identifier rapidement les signaux d’alerte provenant des communautés et de visualiser les données à travers des cartes géographiques. Cette approche facilite la compréhension des dynamiques sociales liées aux crises sanitaires et permet aux autorités de mieux orienter leurs interventions.

L’importance de cet outil réside aussi dans sa capacité à transformer les informations issues du terrain en données exploitables pour les décideurs. En analysant les perceptions, les craintes et les comportements des communautés, les autorités sanitaires de la République démocratique du Congo peuvent désormais mieux orienter leurs stratégies de communication et renforcer l’engagement communautaire, élément clé de toute riposte efficace aux épidémies.
À travers cette formation, les autorités sanitaires entendent renforcer les compétences des acteurs engagés dans la gestion des urgences sanitaires et améliorer l’utilisation des données communautaires dans la prise de décision. L’intégration progressive des technologies d’analyse des données comme DHIS2 dans le système de santé constitue ainsi une avancée importante pour le pays. Elle permettra non seulement d’anticiper les défis liés aux épidémies, mais aussi de lutter plus efficacement contre la désinformation et de rendre les stratégies de riposte plus rapides, plus précises et mieux adaptées aux réalités des populations vulnérables.
Dans un monde en constante mutation vers la numérisation des secteurs clés de la vie humaine, l’intégration de DHIS2 dans le secteur de santé publique témoigne de la volonté du gouvernement Congolais de faire du numérique, un levier de transparence et d’exactitude des informations transmises par les Zones de santé au Ministère de la santé publique, hygiène et prévoyance sociale, sur toute l’étendue du territoire national.
Blaise ABITA | NUMERICO.CD
