En République Démocratique du Congo, la diversification de l’usage des outils d’intelligence artificielle n’a pas encore eu lieu. Dans la pratique, l’utilisation de l’IA reste largement concentrée sur quelques cas d’usage basiques, principalement des outils conversationnels généralistes ou des solutions importées, sans intégration profonde dans les processus métiers.
Cette situation s’explique par plusieurs facteurs structurels : un accès limité à Internet, des coûts élevés, un manque de compétences locales spécialisées et une faible maturité numérique des entreprises.
À l’échelle mondiale, la situation est très différente. De nombreuses entreprises ont intégré l’IA au cœur de leurs stratégies d’entreprise et ont réalisé des investissements massifs au cours des dernières années.

Aux États-Unis en particulier, le marché de l’IA a atteint une ampleur sans précédent. NVIDIA s’est imposé comme un pilier central de l’économie de l’IA : ses processeurs graphiques (GPU) sont aujourd’hui indispensables à l’entraînement et au déploiement des modèles d’IA, ce qui a conduit l’entreprise à enregistrer des résultats financiers et une capitalisation boursière record.
OpenAI est principalement connu pour le développement de modèles d’IA générative capables de comprendre et de produire du langage naturel, du code et des contenus multimodaux. NVIDIA, quant à elle, fournit l’infrastructure matérielle critique – les capacités de calcul – sur laquelle repose l’ensemble de l’écosystème de l’IA moderne. Ensemble, ces deux acteurs illustrent le passage de l’IA d’une technologie de recherche à une industrie à part entière.
Cependant, GPT n’est plus le standard unique. Des modèles comme Gemini, Claude, DeepSeek ou Grok ont considérablement progressé, tant en performance qu’en spécialisation. Cette dynamique entraîne une consolidation progressive du paysage de l’IA, où les entreprises ne se demandent plus quel est le modèle le plus puissant, mais lequel est le plus adapté à leurs besoins spécifiques, à leurs contraintes de coûts et à leurs exigences de sécurité.
L’opportunité stratégique de la RDC

Dans ce contexte, une question devient centrale pour les organisations du monde entier : où se situe le retour sur investissement (ROI) ? L’IA n’est plus évaluée uniquement sur son potentiel technologique, mais sur sa capacité à générer des gains mesurables en productivité, en efficacité opérationnelle et en création de valeur.
Pour la RDC, cette phase représente une opportunité stratégique majeure. Plutôt que de suivre aveuglément le hype technologique, le pays peut se concentrer sur le développement de startups locales, de solutions logicielles adaptées au contexte local et de compétences en IA appliquée. Des secteurs clés comme l’agriculture, le secteur public et l’industrie manufacturière offrent un potentiel immédiat pour des solutions pragmatiques, à fort impact économique et social.
L’adoption de l’IA ne doit plus rester au stade de l’expérimentation. Elle doit entrer dans une phase d’opérationnalisation, où l’IA est intégrée de manière concrète dans les processus quotidiens, avec des objectifs clairs, des indicateurs de performance mesurables et une création de valeur tangible pour les entreprises et la société.
Éliel MULUMBA,
Expert en Cybersecurité industrielle et numérique
