La 10ᵉ session ordinaire de la Conférence des régulateurs de l’Afrique centrale s’est achevée le 19 février 2026 sur une note résolument tournée vers l’intégration numérique régionale. La rencontre, organisée par l’Assemblée des Régulateurs des Télécommunications de l’Afrique Centrale (ARTAC), a été clôturée par le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba.
Pendant deux jours, les délégations ont planché sur un enjeu stratégique : « Stratégie de coopération sous-régionale pour une régulation harmonisée des services de télécommunications par satellites non géostationnaires (NGSO) ».
La régulation des services par satellites non géostationnaires (NGSO) s’impose désormais comme un défi prioritaire pour les autorités nationales. Ces technologies promettent d’améliorer l’accès à Internet dans les zones rurales et enclavées, à condition d’une gestion concertée des fréquences et d’un cadre réglementaire harmonisé.
Devant les présidents et directeurs généraux des autorités membres, ainsi que des partenaires techniques et opérateurs du secteur, le ministre congolais a salué « deux journées d’échanges intensifs et de réflexions stratégiques consacrées à l’avenir numérique de l’Afrique centrale ».
Il a rappelé que la République démocratique du Congo, sous l’impulsion du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a placé le numérique au centre de sa stratégie de croissance. « Nous multiplions les efforts pour bâtir une économie numérique inclusive, capable de transformer durablement le quotidien de nos concitoyens », a déclaré Augustin Kibassa Maliba.
Le choix de Kinshasa comme ville hôte a également été présenté comme un signal fort de la coopération sous-régionale en matière de régulation.
Cybersécurité et attractivité du marché

Au-delà des satellites, la cybersécurité a occupé une place centrale dans les discussions. Le ministre a mis en avant les avancées réalisées dans le cadre du Plan National du Numérique, notamment l’extension de la connectivité et la dématérialisation progressive des services publics.
Il a insisté sur la mise en œuvre de la stratégie nationale de cybersécurité : « Nous avons franchi des étapes décisives dans la mise en œuvre de notre stratégie nationale de cybersécurité, garantissant un cyberespace sécurisé et de confiance, indispensable à l’attractivité de notre marché », a-t-il affirmé.
Un rôle clé est attribué à l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC), saluée pour son action en faveur d’une concurrence équilibrée et d’un environnement propice aux investissements dans les infrastructures de nouvelle génération.
Pour Kibassa, l’action collective reste incontournable face aux défis transfrontaliers : « Aucun pays ne peut relever seul les défis de la connectivité transfrontalière et de la gestion des fréquences. L’apport de l’ARTAC est indispensable pour synchroniser nos stratégies nationales et faire de l’Afrique centrale un bloc numérique cohérent et compétitif », a-t-il souligné.
Les résolutions issues de cette session sur la régulation harmonisée des satellites NGSO sont perçues comme un socle pour accélérer la couverture réseau dans les territoires isolés et stimuler des secteurs à fort potentiel comme la Fintech, l’e-gouvernement ou l’e-santé. « La transformation numérique de l’Afrique centrale n’est plus un projet, c’est une réalité que nous façonnons ensemble », a conclu le ministre Kibassa
Sept pays ont pris part aux travaux : le Congo-Brazzaville, le Gabon, le Cameroun, le Tchad, la République démocratique du Congo, la République centrafricaine et la Guinée équatoriale. La conférence a également enregistré la participation de SMART et du représentant du Secrétaire général de l’UAT en visioconférence.
Deux ateliers techniques (16 et 17 février) ont permis d’approfondir les questions liées aux NGSO et aux recommandations de sécurité sous-régionales concernant les services financiers.
Parmi les décisions phares :
l’amendement des statuts révisés de l’ARTAC, avec l’élaboration d’un cahier des charges précisant les modalités de désignation du Secrétaire exécutif ;
l’encouragement des régulateurs membres à accueillir les réunions des groupes de travail ;
l’intégration des Résolutions 55 et 70 de l’UIT sur la prise en compte du genre dans les activités de l’ARTAC.
Jonas TSHIPADI | NUMERICO.CD
