La 4ᵉ édition de l’African Digital Innovation Summit s’est ouverte ce mardi 25 novembre 2025 à Kinshasa, au Centre culturel et artistique pour l’Afrique centrale, avec le thème : « Accélérer la transformation digitale souveraine de l’Afrique ».
Au cours du panel consacré au Projet d’Accélération de la Transformation Numérique de la RDC (PATN-RDC), intitulé : « 500.000.000 USD pour faire entrer la RDC dans une nouvelle ère ? », le Coordonnateur de l’Unité de Gestion du Projet de Transformation Numérique (UGPTN), Noël Litanga, a détaillé la portée de ce programme stratégique soutenu par la Banque mondiale et l’AFD. Selon lui, le Projet de Transformation Numérique (PTN), approuvé en 2024 et entré en mise en œuvre cette année, constitue « la pierre angulaire de la modernisation numérique de l’État congolais ».
Il a rappelé que le financement global atteint 500 millions USD, dont 400 millions mobilisés par la Banque mondiale et 100 millions d’euros apportés par l’Agence française de développement. Ce programme vise, selon ses mots, à « faire progresser le Plan National du Numérique et bâtir les fondations d’un État digital moderne, inclusif et sécurisé ».
L’un des axes majeurs du projet concerne l’accès à Internet et la réduction de la fracture numérique. La RDC fait face à de profondes lacunes structurelles : moins de la moitié de la population a accès au haut débit, et les prix restent parmi les plus élevés de la région. Litanga affirme que le pays souffre d’un « manque important en infrastructures et d’une faible viabilité commerciale dans les zones éloignées ». Pour y remédier, le PTN prévoit le déploiement de 10 000 km de fibre optique, l’extension ou l’amélioration de la couverture haut débit dans 650 communautés, la connexion de 1 000 institutions publiques, et une réduction de 50 % des prix de détail.
Ces investissements devraient permettre à « près de 30 millions de Congolais, dont 15 millions de femmes, d’accéder pour la première fois à un Internet de qualité ». Une avancée qui placerait le pays dans une dynamique de démocratisation numérique inédite.
Le projet ambitionne également de moderniser l’État à travers une infrastructure numérique commune : une plateforme unifiée des services publics en ligne, un cadre national d’interopérabilité, une stratégie d’identification numérique et un centre national de réponse aux incidents de cybersécurité. « Nous devons rompre avec la fragmentation des initiatives numériques », a estimé Noël Litanga, soulignant que la mise en place de bases technologiques partagées était indispensable à la création d’un écosystème administratif moderne.
Le développement des compétences numériques constitue un autre pilier essentiel du PTN. Le programme prévoit la formation de 6 000 personnes, dont 2 000 femmes et 1 000 enseignants, la création de 10 centres d’innovation, ainsi que le soutien à 100 start-up technologiques. Le gouvernement veut ainsi « stimuler un écosystème entrepreneurial dynamique pour renforcer la souveraineté numérique du pays ».
En intégrant les dimensions d’inclusion, de durabilité et d’attractivité du secteur privé, le PTN ambitionne de réduire les inégalités numériques tout en renforçant la capacité du pays à attirer des investissements technologiques à long terme.
Les résultats attendus témoignent de la portée transformationnelle du programme : 30 millions de nouveaux utilisateurs haut débit, 1 million d’utilisateurs des services publics numériques, 3 000 diplômés spécialisés, et un triplement du trafic international de données, signe d’une connectivité renforcée.
En conclusion, Noël Litanga a appelé les acteurs publics et privés à s’engager dans cette dynamique commune afin de « co-créer l’avenir numérique de la RDC ». Une vision qui, si elle se concrétise, pourrait marquer un tournant historique dans la trajectoire technologique du pays.
Jonas TSHIPADI | NUMERICO.CD
